Philosophie et spiritualité


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TPE, travaux personnels encadrés, année 2003

Par Estelle Martinez, Victor Moreau, Anne Sophie Lelaidier, Laura Biegun.

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La censure et ses formes

INTRODUCTION

Le terme censure désignait au départ le travail du censeur, censor en latin, magistrat chargé de contrôler les mœurs des citoyens sous l’Antiquité Romaine.

De nos jours, par le mot censure, nous entendons le contrôle systématique de toutes formes d’expression.

Aussi, quels domaines sont susceptibles de faire l’objet d’une censure?

La censure se développe au fur et à mesure qu’apparaissent de nouvelles formes d’expression. Ainsi nous retrouvons la censure dans le domaine religieux ; la politique ne tardera pas elle aussi à être touchée. L’art n’échappe pas à l’engrenage de la censure tout comme la littérature. Les nouvelles formes de médias ne sont pas épargnées. Enfin la censure la plus sévère est la censure morale et psychique.

 

I.La censure religieuse et politique

A.L’Inquisition

Définition

Inquisition, du latin inquisitio, la recherche ou l’enquête judiciaire, désigne une juridiction ecclésiastique d’exception instituée par le Pape Grégoire IX pour la répression, dans toute le chrétienté, des crimes d’hérésie et d’apostasie, des faits de sorcellerie ou de magie.

Chronologie

    1199:le Pape Innocent III fait un premier essai de la procédure inquisitoriale contre les Albigeois : « Vergentis Insenium »

    1216:Honorius III succède à Innocent III.

    1200:Réunion d’un concile en Avignon où l’on décide de constituer, dans chaque paroisse, une commission, un prêtre et deux ou trois laïques intègres, qui, sous serment, promette de dénoncer les hérétiques ainsi que ceux qui les soutiennent ou les cachent.

    1220, 1224 et 1227:Décrets de l’Empereur pour la lutte contre l’hérésie dont il prend l’initiative.

    1221:Le Pape Honorius III indique, les dominicains étant, depuis le 22 Décembre 1216, sous la protection de la papauté, le souverain pontife ayant choisi cet ordre pour en faire la milice chargée de l’Inquisition, que les frères prêcheurs seront destinés autant à la répression de l’hérésie qu’à la réforme de l’Eglise.

    1227:Le Pape Grégoire IX devient le successeur d’Honorius III et la fin de cette même année, il excommunie l’Empereur Frédéric II.

    1229(12Avril):Un accord est signé entre le comte de Toulouse, Blanche de Castille et le Cardinal Romain de Saint-Ange, légat du Pape.

    1229(Novembre):Le règlement codifiant les prescriptions pour la répression des Albigeois est promulgué

    1231(Février): -le Pape Grégoire IX instaure une institution ecclésiastique pour la répression de l’hérésie entre les Cathares(Albigeois) : L’INQUISITION.

-Le sénateur de Rome Annibaldo publie un statut contre les hérétiques où pour la première fois le mot latin inquisitior signifie « inquisiteur »et plus « enquête ».

-constitution des franciscains et dominicains : « Excommunicamus ».

    1232:Le Saint Père nomme inquisiteurs du comté du Bourgogne, Gautier, prieur des dominicains de Besançon, et Robert.

    1233(13 Avril):Le Pape charge les frères prêcheurs de la poursuite de l’hérésie dans toute la France.

    1233(juilet):Assassinat de Conrad de Marbourg, premier inquisiteur nommé par Grégoire IX en 1231.

    1235(21 Aout):Robert le Bougre est nommé inquisiteur général du royaume.

    1248:Le concile de Valence refuse la présence d’avocats pour les hérétiques.

    1252(15 Mai):le Pape Innocent IV approuve officiellement l’utilisation de la torture, dans la bulle Ad Extirpanda.

    1259(30 Novembre):Alexandre IV ratifie la loi sur l’usage de la torture de son prédécesseur.

    1261:Alexandre IV donne l’autorisation d’écouter la déposition des hérétiques eux-mêmes.

    1312:Clément V déclare obligatoire la collaboration entre les inquisiteurs et les évêques

Théories

En Novembre 1229, le légat du Pape, le Cardinal Romain de Saint-Ange, fait établir une législation complète précisant les usages observés depuis plus d’un demi-siècle. Le concile réunit pour édifier ce règlement en arrive à ce qui suit :

    Chaque paroisse comptera une commission composée d’un prêtre et de deux ou trois laïques de bonne réputation chargée d’explorer toutes les cachettes et de faire connaître, de signaler tout hérétique à l’évêque et au seigneur du lieu ;

    Les seigneurs devront rechercher les hérétiques ;des peines seront édictées contre les officiers négligents ainsi que tout habitant aidant un hérétique ;

    On peut rechercher les hérétiques en tous lieux et les baillis locaux ont pour obligation de se prêter à cette enquête ;

    Et enfin il est ordonné que seul l’évêque du lieu ou une autre personne de l’Eglise possède le pouvoir de juger et de condamner une personne comme hérétique et cela afin que l’innocent ne soit pas puni pour le coupable.

Une constitution confirme, en février 1231, le droit exclusif de l’Eglise à condamner les hérétiques, Damnati per Ecclesiam : « Seuls ceux qui seront condamnés par l’Eglise seront livrés au bras séculier ou subiront les autres peines .», de plus il est ajouté que les accusés désirant revenir à l’unité de la foi seront emprisonnés, pour faire pénitence, jusqu’à leur mort.

L’évolution de l’Inquisition

    Les débuts

Le pontife Grégoire IX expérimente pour la première fois sa constitution de 1231 dans le Saint Empire Romain Germanique et il nomme pour ce faire un prêtre : Conrad de Marbourg dont la tâche est la poursuite de l’hérésie, il a pour cela des pouvoirs quasi-illimités desquels il usera et abusera ce qui lui vaudra d’être assassiné en Juillet 1233. C’est donc un échec cuisant de l’Inquisition dans l’empire ! Grégoire IX réagit en conséquence et promulgue une nouvelle mesure en Avril 1233 : Inquisitio Hereticae Pravatis, les évêques et les prélats ne sont plus chargés de la chasse des hérésies, cette tâche est confiée aux dominicains. On passe ainsi d’une Inquisition épiscopale à une Inquisition exclusivement pontificale.

    L’expansion

L’Inquisition connaît une expansion rapide, dès la moitié du XIIIeme siècle, toute la chrétienté est concernée. Fin 1233, les tribunaux sont mis en place dans le midi(Avignon, Toulouse…)et en 1237 les juges sont installés à Carcassonne. C’est dans le midi que l’Inquisition connaît ses débuts mais son implantation ne s’y fera pas sans mal et il restera le théâtre privilégié de cette institution. Dans le Nord, l’Inquisition s’installe tout aussi rapidement mais de façon moins méthodique, plus désordonnée. Là, la figure emblématique est celle de Robert le Bougre qui résume à lui tout seul l’Inquisition dans le Nord. L’Inquisition atteint son apogée à la fin du XIIIeme siècle.

    Déclin de l’Inquisition

Elle connaît un déclin rapide dès la fin XIIIeme siècle. Les raisons sont l’abus de pouvoir et surtout l’usage abusif de la torture et les conditions terribles d’emprisonnement. D’autant que l’institution n’est plus justifiée puisque les hérésies ont pratiquement disparu. Aussi le pontificat réagit et promulgue, en 1312, que la collaboration sera obligatoire entre les inquisiteurs et les évêques pour chaque acte important de la procédure ainsi que pour l’utilisation de la torture. La puissance de l’Inquisition est terriblement atteinte et même si des inquisiteurs continuent d’être nommés aux XIV et XVemes siècles, Leurs fonctions deviennent complètement accessoires et l’activité des tribunaux comme celui de Toulouse par exemple ne dure pas.

Procédure

    Le temps de grâce

Des frères prêcheurs arrivaient dans une région soupçonnée d’hérésie :

Tout d’abord un groupe de trois à quatre moines inquisiteurs arrivait dans les villages, rassemblait toute la population dans l’église puis prononçait une prédication adjurant tous les fidèles d’apporter leur secours et demandant aux coupables de solliciter le pardon divin.

Les coupables étaient invités à venir se présenter devant les juges, dans un délai de quinze jours à un mois : c’est le temps de grâce, cela était exprimé dans l’édit de grâce affiché par les moines dans la ville à l’instar de l’édit de foi adressé, lui, aux fidèles. Durant cette période, l’hérétique avait la possibilité, s’il voulait être traité avec miséricorde, de venir confesser son erreur. Plusieurs cas de figures se présentaient : -ceux qui se dénonçaient spontanément alors que la faute était ignorée jusque-là pouvaient, au libre choix du juge, être dispensés de toutes peines ou ne subissaient qu’une pénitence très légère et secrète ;

-ceux pour qui l’hérésie était manifeste pouvaient éviter la peine de mort et la prison à perpétuité grâce à des aveux. Ainsi le crime n’était sanctionné que par les peines canoniques habituelles auxquelles s’ajoutait généralement un pèlerinage.

Cependant, il ne fallait plus compter sur la miséricorde du tribunal une fois le délai d’un mois passé. Après ce délai, les suspects étaient poursuivis et une enquête était entamée pour le moindre soupçon. Pour convoquer les inculpés, un curé de la paroisse se rendait au domicile de la personne avec des témoins dignes de foi, muni d’une citation écrite. Elle pouvait être prononcée trois fois consécutives mais le plus souvent elle était unique, péremptoire. L’accusé, refusant d’y obéir, encourait l’excommunication provisoire, puis au bout d’un an l’excommunication définitive. L’inculpé n’était arrêté que lorsqu’il ne pouvait être lassé en liberté ou qu’il prenait la fuite, cela était la tâche des pouvoirs civils.

Ces entreprises n’étaient pas sans danger surtout au début de leurs applications, en effet les populations protégeaient les fuyards et se montraient hostiles, cela s’atténua lorsque les frères prêcheurs eurent obtenu l’appui des baillis et des seigneurs.

    L’interrogatoire

Une fois l’accusé emprisonné, il devait comparaître devant un tribunal. Après avoir pris connaissance des charges relevées contre lui, l’accusé devait répondre et gardait la parole autant qu'il le souhaitait, auparavant il aura bien sur été invité à jurer sur les Evangiles par le juge. Devait être présent à cet interrogatoire : -deux religieux, sains d’esprits(cela va sans dire !) -et un notaire ou un clerc de notaire, chargé d’établir un compte-rendu de l’interrogatoire.

Pour questionner l’accusé, les inquisiteurs utilisaient des modèles d’interrogatoires très différents selon les hérésies. Ils employaient tous les moyens possibles afin d’obtenir des aveux : promesse d’indulgence du tribunal et accumulation de preuves. Il existait cependant une règle évitant la condamnation d’une personne sous de faux prétextes, c’est que chaque accusation devait être vérifiée preuves à l’appui ; sinon l’accusateur risquait une peine équivalente à celle que le coupable encourait. Seulement, on estima que cela était compliqué et décourageait les bonnes volontés, on simplifia donc la procédure acceptant par ce fait une simple dénonciation, accompagnée de quelques témoignages. Si l’accusation portait sur une personne de bonne réputation, le juge exigeait en général un grand nombre de témoignages sinon seuls deux témoins suffisaient, comme dans le droit civil, à faire condamner une personne. Dans un cas de non-concordance des dépositions, on s’en remettait à l’inquisiteur, qui tranchait. Il était fait part à l’accusé des dépositions mais il n’était jamais confronté, sauf cas exceptionnel, aux témoins et cela pour éviter toutes représailles. Si le besoin s’en faisait sentir, l’inquisiteur pouvait même celer le nom de ceux qui formait son conseil. Une question se pose maintenant : L’accusé avait-il droit au secours d’un avocat ?

A l’inverse de Grégoire IX, Innocent III, dans Si adversus vos, interdit clairement à tout avocat ou notaire de défendre un hérétique. De même, le concile de Valence, présidé par le légat du Pape, en 1248, rejette la présence d’avocats et pour décourager les opposants, on les menaçait de supprimer leur office. Nicolas Eymerick accepta cependant, dans son directoire, de laisser la défense à des avocats non-suspects eux-mêmes d’hérésie. Jeanne d’Arc, par exemple, refusa d’être assistée et l’on retrouve dans certains procès l’intervention d’avocats. Ceux-ci devaient être reconnus par l’inquisiteur et étaient même le plus souvent désignés par lui. Ils n’avaient pas le droit de s’écarter de la procédure habituelle, du droit, du style et des usages observés dans ces tribunaux d’exception. Il faut toutefois reconnaître que leur rôle était mince puisqu’ils n’assistaient pas aux audiences et le plus se contentaient de demander à l’accusé de reconnaître les charges retenues contre lui.

    La contrainte et la torture

Pour l’Eglise, les aveux étaient supérieurs aux preuves, ainsi les inquisiteurs usaient de toutes sortes de moyens de contrainte pour faire parler l’inculpé. Les juges choisissaient, entre plusieurs degrés de sanctions, la plus convenable. La sanction pouvait durer des années, enchaînement, jeûnes prolongés et privations de sommeil. Bernard Gui, inquisiteur de 1307 à 1323, préconisait ces traitements qui, selon lui, « ouvrait l’esprit » :Vexatio dat intellectum.

La torture n’intervenait qu’en cas de résistance du suspect. L’Eglise fut longtemps hostile à l’usage de la « question » mais elle devint plus utilisée, et même souvent trop , à partir du XIIIeme siècle. Le 15 Mai 1252, Innocent IV en autorisa officiellement l’usage dans la bulle Ad extirpanda, celle-ci fut ratifiée le30 Novembre 1259 par Alexandre IV puis quelques années plus tard par Clément V.

La seule restriction était d’éviter la mutilation et le danger de mort : « citra membri diminutionem et mortis periculum », cela n’était qu’une simple formule qui permettait de rester dans la légalité ! Les juges pouvaient choisir entre quatre supplices :

    La flagellation :considérée comme la sanction la plus bénigne

    Le chevalet 

    L’estrapade

    Les charbons ardents

Par la suite, les brodequins et l’épreuve de l’eau eurent beaucoup de succès. Afin de rendre encore plus inquiétante cette épreuve, elle était accompagnée d’un majestueux appareil de justice. Dans les premiers temps ,les inquisiteurs n’étaient pas autorisés à assister à la séance de torture, c’est seulement en 1264 que les juges inquisitoriaux présidèrent l’épreuve de la torture.

La « question » se déroulait ainsi :

    Une fois les préparatifs terminés, le suspect, dévêtu en présence des instruments de torture qu’on lui montrait afin d’éveiller une peur salutaire, était engagé à passer aux aveux.

    Si l’accusé ne se montrait pas aussi coopératif qu’on le souhaitait, le bourreau commençait alors le supplice par les épreuves les moins douloureuses pendant que les moines et greffiers étaient à l’affût du moindre aveu pour le transcrire. Quelques pauses sont accordées au supplicié et le juge a la possibilité de l’interroger. Chaque épreuve ne devait pas dépasser une demi-heure et il était interdit de renouveler la « question » .

    Ainsi les juges pouvaient décider, si l’accusé n’avait rien avoué, de poursuivre une séance qu’ils estimait inachevée quelques jours plus tard.

Cependant la « question » ne venait, en général, pas à bout des hérétiques les plus valeureux qui n’avouaient absolument rien et ,au contraire, amenait les plus faibles à avouer tout et n’importe quoi. C’est donc à se demander si le supplice était vraiment utile, pourtant on abusa tout de même de la torture ! En réponse aux nombreuses plaintes contre l’abus du supplice, le Saint-Père, Clément V, décida de mettre un terme à ces violences et décréta donc dans la constitution multorum querela, de 1311, que l’avis de l’évêque du lieu était absolument indispensable à l’inquisiteur pour soumettre une personne à la « question ».Mais, hélas, les évêques et ordinaires acceptaient fréquemment de déléguer leur pouvoir aux tribunaux inquisitoriaux, qui n’avaient donc plus de limites !

    Si l’accusé n’avouait pas après la « question »,le tribunal devait l’absoudre ;seulement cette mesure de clémence ne s’appliquait qu’aux faits pour lesquels il avait été torturé, aussi les juges pouvaient choisir de l’interroger sur d’autres sujets.

Difficile d’échapper aux griffes des inquisiteurs ! !

    Une condamnation ne pouvait être prononcée qu’avec des aveux ou le cas échéant avec les dépositions et preuves vérifiées des témoins.

    La sentence et le « sermo generalis »

Innocent IV, déclara, en 1251, qu’aucune peine grave ne pouvait être prononcée sans le concours du diocèse et donc l’avis de l’évêque. Seul le Pape Alexandre V autorisa les tribunaux à agir seuls. Par la suite Urbain IV réhabilita ce qui avait été établit par Innocent IV pour des peines comme la mort ou la prison à perpétuité. Puis enfin, Boniface VIII étendit cela à toutes les sentences.

Un jury, formé de sortes de prudhommes, boni viri, au nombre variant de deux à vingt, ainsi que de jurisconsultes laïques, de religieux et clercs, le tout comptait environ quarante personnes. Il leur était fourni les dossiers des accusés jugés. Après examen des dossiers, ils donnaient leurs avis, les juges, en général, suivaient les conseils du jury et les modifications des décisions était indulgentes.

La sentence était prononcée publiquement lors du sermon général, sermo generalis, ou Auto Da Fe, pour les Espagnols, qui se déroulait sur une estrade sur la grand-place ou devant l’église, le plus souvent un dimanche et cela en présence de magistrats, officiers royaux, le clergé et l’ensemble des chrétiens. Le grand inquisiteur faisait un sermon, avec quelques interruptions permettant aux fidèles de proclamer leur foi, puis venait l’énoncé des grâces accordées( la sentence d’excommunication était levée)et ensuite l’énumération des sanctions contre les hérétiques, des plus légères aux plus terribles. L’accusé pouvait faire appel au Pape tant que la condamnation n’était pas prononcée. En revanche les sentences définitives et particulièrement celles entraînant la mort n’étaient susceptibles d’aucun recours.

    Les sentences

Parmi les châtiments le plus terribles, trois sortes de sanctions sont prévues :

    La confiscation des biens :elle touchait les hérétiques dès l’instant où ils étaient sous le joug du bras séculier ou condamnés à la prison à vie. La famille d’un défunt ayant subi cette peine, se voyait privée d’héritage. Quelques peines pécuniaires furent autorisées par Innocent IV, en 1251, si aucune autre sanction ne pouvait être imposée et on permit le rachat de certaines punitions(par exemple une personne se trouvant dans l’impossibilité d’accomplir les pèlerinages pouvait faire des dons au Saint-Office ou aux bonnes œuvres)mais des problèmes entre les seigneurs et les prélats apparurent quant à l’attribution des dons !

    La prison : le murus variait selon la gravité des fautes, cela était considéré comme un moyen d’obtenir le pardon de ses crimes et non comme une sanction. Les hérétiques qui avouaient pendant le temps de grâce n’allaient en prison que temporairement. Pour les autres, le choix se faisait entre :

                Le murus strictus,le mur étroit, le condamné était enchaîné et parfois fixé aux parois du cachot qui était extrêmement petit et obscur.

                Le murus largus, le mur large, Régime plus libéral, en effet les prisonniers conservait le contact avec l’extérieur et il arrivait même qu’un détenu puisse sortir durant un temps limité afin de soigner un membre de leur famille, les femmes pouvaient sortir pour accoucher.

    La peine de mort : la peine était le bûcher, le condamné pouvait encore abjurer au pied de l’échafaud et après examen si cela tournait en sa faveur il était puni à la prison à perpétuité sinon il subissait le supplice du feu. Les relaps(sortes de récidivistes, retombés dans l’hérésie),eux n’attiraient pas de la part des juges autant de clémence, les seules faveurs possibles étaient de recevoir le sacrement de l’eucharistie avant de périr ou d’être étrangler avant d’être jeté dans le brasier afin de ne pas brûler vif.

D’autres peines étaient encourues par les accusés mais étaient bénignes par rapport aux précédentes :

    La flagellation : peine principale ou accessoire. Le condamné, les pieds nus, en chemise et braies, se rendait à l’église avec un cierge et les verges servant à le punir, là, au cours d’une messe solennelle après le sermon, il offrait les verges au prêtre qui le fustigeait, ensuite s’en suivait une procession à la fin de laquelle il était encore une fois fouetté. Après quoi, il reconnaissait avoir mérité cette sanction devant le peuple assemblé.

    Les pèlerinages :Cette sanction n’apparut que tardivement. Le condamné s’engageait à se mettre en route dans les trois mois qui suivaient la sentence et devait rapporter une lettre attestant qu’il avait bien accompli la pénitence. Les tribunaux avaient recours à deux sortes de pèlerinages :

                Les pèlerinages majeurs :situés hors du royaume de France : Rome, Saint-Jacques-de-Compostelle, Saint-Thomas de Cantorbéry, les Trois-Rois de Cologne

                Les pèlerinages mineurs :Notre-Dame de Roc-Amadour, du Puy, de Chartres, Saite-foy de Conques, Saint-Paul de Narbonne, etc …

Le plus méritoire était celui que l’on accomplissait en Terre Sainte, on le nommait « passage outre-mer »,mais il fut vite abandonné car de nombreux hérétiques y retombaient dans leurs erreurs et surtout parce que l’échec des croisades rendit une telle expédition très difficile.

    Les signes d’infamie : -Les croix : en feutre jaune avec deux empans et demi de long, sur trois doigts de long. Elles devaient être portées de façon visible sur les vêtements. Les croix doubles étaient réservées aux parjures. Les prisonniers en liberté provisoire portaient deux marteaux de feutre jaune ; les calomniateurs portaient une langue de drap rouge et ceux qui avaient profané le sacrement de l’eucharistie, une hostie.

    Ce châtiment était très redouté parce qu’il exposait les condamnés au mépris de la population. On était même obligé de rappeler à l’ordre certains chrétiens qui molestaient sans mesure les pénitents.

    L’Inquisition espagnole

L’inquisition espagnole est un cas particulier pour diverses raisons :

    Elle est apparu beaucoup plus tard qu’en France. Elle est créée en 1479 par Ferdinand et Isabelle, souverains d’Espagne.

     Sa durée est impressionnante : elle n’est abolie qu’en 1820.

    Elle est dès l’origine sous le contrôle de l’état et non de l’Eglise.

    Elle a eu un impact important sur la société espagnole, en effet elle a empêché l’implantation du protestantisme, de la philosophie des lumières, des idées de la Révolution Française…

    Le nombre important de ses victimes : 2000 morts sous Thomas Torquemada, un dominicain, le plus grand inquisiteur espagnol, qui dirigea l’inquisition de 1438 à 1498, il fut réprouvé par le pontife lui-même.

    Son organisation est mixte, à la fois religieuse et étatique. A sa tête, un conseil suprême avec pour président l’inquisiteur général. Ce conseil contrôle une quinzaine de tribunaux, chaque tribunal comprends des juges et un procureur ainsi que des clercs spécialisés en théologie, sans compter les familiers et les officiers. Les compétences de ces tribunaux sont très élargies, en clair, ils peuvent se saisir de tout ce qui concerne le domaine de la foi(hérésie, sorcellerie et blasphèmes…).Par contre la procédure reste traditionnelle, totalement secrète elle aboutit à la fameuse Auto Da Fe.

A l’instar de l’Inquisition, une autre institution oppressait violemment les populations : le régime dictatorial.

B.Les dictatures

Définition

Apparu au XIIIème siècle, venant du latin dictatura, le mot dictature désigne une magistrature extraordinaire la plus élevée de toutes chez les Romains. En cas de crise sérieuse, on créait un dictateur, magistrat qui obtenait quasiment tous les pouvoirs pour une durée limitée(6 mois en principe), ensuite on revenait à l’organisation normale des pouvoirs publics.

    En 1847, un nouveau sens apparaît, c’est alors la concentration de tous les pouvoirs entre les mains d’un individu, d’une assemblée, d’un parti, d’une classe.

    Plus tard on utilisera ce terme pour désigner le pouvoir absolu , suprême.

Aujourd’hui, la notion de dictature est comprise différemment ; le seul point commun avec l’antiquité est le caractère exceptionnel, anormal, du régime.

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La dictature est un régime autoritaire établi et maintenu par la violence. Il lui faut un terrain favorable pour qu’elle apparaissent aussi on la voit surgir en période de crises sociales très graves, où soit elle précipite l’évolution en cours , dictature révolutionnaire, soit elle la freine, dictature conservatrice.

Hitler et Mussolini, deux images des régimes fasciste et nazi au XXeme siècle.

La propagande nazie

Pour le régime nazi, le terme le plus approprié n’est pas censure mais propagande. Dés l’arrivée au pouvoir d’Hitler, la propagande est mise en place. Mais celle-ci n’est efficace qu’à une seule condition : priver les allemands de toutes sources d’information et formes d’expression non contrôlées par les nazis. Aussi, la radio et la production cinématographique sont entièrement contrôlées par l’État. Les bibliothèques publiques sont épurées des ouvrages classés comme subversifs, soit en raison de leur contenu, soit parce que leurs auteurs sont juifs ou réputés ennemis du Reich. Les autodafés où brûlent des milliers de livres manifestent l’acharnement des nazis. Cette propagande acharnée rend la censure quelque peu inutile. Le même phénomène se produit avec la presse ; les journalistes sont reçus par les dirigeants pour avoir la version officielle de l’actualité et tout article hétérodoxe est puni en vertu d’une loi non écrite, donc parfaitement arbitraire. Goebbels, responsable de la propagande, soucieux de maintenir une certaine diversité dans le style, déclare : « Que chacun joue de son instrument, pourvu qu’ils jouent la même musique. »

L’Inquisition et la dictature ne se sont pas seulement acharnés sur les populations mais ont aussi fait pression sur les moyens de communication comme la littérature. En effet celle-ci a subi de tous temps les brimades de la censure.

  


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