Paule Moyne 

 

Comprendre le monde …




Comprendre le monde, nous voici face à une problématique beaucoup plus complexe que celle pressentie par les scientifiques, les philosophes et les théologiens depuis plus de deux siècles, ne serait-ce que parce que l’univers est un incommensurable ensemble de phénomènes de nature duale ; de ce fait, les réponses apportées aux interrogations qu’il suscite, imposent plus qu’hier, une très grande rigueur conceptuelle et sémantique.


Ainsi et par exemple, pour l’esprit en quête de causes primordiales, la cosmologie doit être considérée non pas comme la science des phénomènes cosmiques comme cela est communément compris, mais comme la science des phénomènes cosmiques reconnus et interprétés en prenant uniquement en compte leur essence physique car il s’avère qu’au monde physique est inexorablement associé un monde transcendant, notamment attesté par l’entité créatrice qui, animant tous les êtres, se reconnaît en l’homme sous le couvert du je (moi, ego, sujet, esprit).


Les cosmologues avec de seules considérations physico-chimico- mathématiques ne peuvent donc pas exprimer l’univers dans sa totalité (le Tout de l’univers) ; en d’autres termes, leurs théories bien que se voulant globalisantes ignorent le fondamental, le  primordial !

Quant aux lois qui "permettent d’exprimer" la dynamique du phénomène de la vie et les comportements des êtres, elles ne sont pas différentes, dans leur nature, de celles : physiques, qui permettent d’exprimer la dynamique universelle. 

A ce propos, vous avez noté notre insistance sémantique : qui "permettent d’exprimer", car évidemment, bien que cela ne soit jamais dit, les lois ne sont pas des opérateurs susceptibles de reconnaître, de juger, …, in fine, de décider et d’agir.

 

Argumentons ces remises en causes de vérités d’époques et de civilisations !

 

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Il est de fait, l’interprétation des observations cosmiques et de nombreuses expériences physiques, en particulier quantiques, est "conditionnée" par la compréhension du temps ; méditons donc à son propos afin d’en concilier au mieux, les différentes conceptions.


Certes la formalisation de certaines chronologies par le biais d’équations mathématiques, conduit à associer l’espace et le temps, néanmoins pour celui qui ne veut pas ignorer le "primordial", il s’agit d’une funeste confusion des natures (des essences, des ordres) du temps et de l’espace, inhérente au fait que l’espace entre des repères temporels peut être quantifié par des nombres, et confortée par la notion d’espace-temps imaginée par Hermann Minkowski (1864 - 1909) et adoptée par A. Einstein.

Or, une grandeur bien que quantifiée par des nombres, est aussi de par le sens qu’elle exprime, une entité abstraite c’est à dire une entité d’ordre transcendant ; précisons que par nature transcendante nous signifions nature primordiale différente de celle, physique, reconnue au réel sensible c'est-à-dire à ce qui est objectivé, "matérialisé".


C
omment dès lors, concevoir et expliquer l’association du temps à des repères physiques (les aiguilles d’une horloge, par exemple), sachant que les durées sont des intervalles non spatiaux ?

Selon nous, dans sa nature, cette association est semblable à l’union du corps et de l’esprit (du je, moi, ego, sujet) ; il s’agit d’une relation d’implication par le biais d’un domaine transcendant donc universel, ignoré des philosophes et des théologiens, dont le domaine de l’abstraction est une facette singulière,

domaine que nous avons baptisé spacimplicatio (contraction des mots latins spatium signifiant étendue incommensurable et implicatio désignant l’acte d’implication). 

 

En conséquence, nous nous gardons des théories qui considèrent qu’il existe différents  temps adaptés aux niveaux de complexité du réel : le temps quantique, celui des atomes et des molécules, le temps propre au phénomène de la vie et le temps cosmologique,

et de celles qui traitent du cours du temps et de sa flèche. 

Inutile également de débattre à propos du temps absolu ; il n’existe qu’un absolu du temps qui évidemment est intemporel !

Quant à l’orientation universelle et univoque des évolutions : du passé vers le futur, et à l’irréversibilité des transformations mise en évidence par la thermodynamique, elles relèvent selon nous, d’une cause primordiale exprimée pas l’universelle, impérieuse et mystérieuse nécessité de sans cesse créer.


Pour toutes ces raisons, le temps s’avère être une potentialité universelle qui après actualisation ("matérialisation") sous le couvert de durées, ces mystérieux intervalles qui ne sont pas de l’espace comme nous le disions précédemment, permet d’intégrer les évolutions dans des chronologies, quelles qu’elles soient.

Il s’agit donc d’une compréhension révolutionnaire qui permet entre autres, de mieux comprendre l’instantanéité et la simultanéité de certaines interactions, telle l’action instantanée à distance caractéristique de l’attraction gravitationnelle.

 

En outre, bien que leur perception soit de caractère relatif et subjectif, comme le montrèrent pour la première fois, les équations de transformation de H. A.Lorentz (1853, 1928), les durées ont un "réalisme" adapté aux nécessités qu’impliquent les évolutions, 
un réalisme qui pour être exprimé, appelle des logiques non conventionnelles  remettant  en causes des a priori millénaires intéressant la philosophie et la théologie.

 

Quant au "relatif" et au "subjectif", ils s’imposent comme d’inexorables contraintes universelles et de ce fait, toutes les connaissances et toutes les vérités sont de caractère relatif et subjectif, et sont d’époques et de civilisations,

et s’il s’avère qu’elles sont de fausses vérités, elles n’en sont pas moins des auras qui éclairèrent et éclairent encore les cheminements intellectuels.

 

L’introspection du domaine de l’abstraction est également riche d’enseignements essentiels pour la compréhension du monde, en particulier, elle atteste d’une vie spirituelle hors du temps et propre à l’ensemble des êtres.

En effet, ce domaine est intemporel puisque nous pouvons évoluer du passé au futur et du futur au passé tout en jugeant constamment dans le moment présent qui n’a pas de durée,

et que par exemple, les chats et les chiens rêvent, tandis que les rapaces fondent non pas sur leurs proies, mais sur des points virtuels situés au croisement de trajectoires anticipées, les leurs et celles de leurs futures victimes.


Or et hélas, cette vie spirituelle et les virtualités cérébrales corrélatives n’ont jamais vraiment été objets de débats.

Même saint Augustin sensible à l’au-delà  et à l’éternité :

"Je sais qu'il n'y aurait ni, si rien ne se passait, temps passé, ni, si rien n'advenait, temps futur, ni, si rien n'existait, temps présent, ...

Quant à un présent, toujours présent, qui ne s'en aille point en un passé, ce ne serait plus du temps, ce serait l'éternité." (cf. Confessions - Livre XI, 14),

n’imagina jamais, pas plus que Descartes, que le je (moi, ego, sujet), l’esprit, les concepts, les idées, …, et toutes les "virtualités" qui participent à la connaissance, sont de nature transcendante.

 

*


Ces quelques analyses qui, pour la plupart, sont des remises en causes fondamentales d‘a priori millénaires, nous ont évidemment conduits à reconsidérer nombre d’actuelles théories scientifiques, d’autant plus que les comportements physiques des micro et macro-mondes dans lesquels nous évoluons et ceux qui, au niveau quantique de notre intériorité, nous enracinent dans l’univers, sont exprimés par des formulations mathématiques différentes ; or tous ces mondes "obéissent" aux mêmes sollicitations primordiales.

De quelles sollicitations s’agit-il ?


Considérons par exemple, la sollicitation de gravité c’est à dire la force de gravité, commune à tous les objets massiques (dotés de masse) ; curieusement, elle n’est exprimée que par des "objets mathématiques" comme les vecteurs et les nombres.

Autrement dit, les scientifiques n’en ont qu’une compréhension géométrique dans le cadre de solutions à différentes équations plus ou moins relativistesl’espace-temps joue un rôle  essentiel.

De ce fait, et désormais convaincus que tout commença après un mystérieux Big-bang, notamment le temps et l’espace, les physiciens dans leur immense majorité, ignorent superbement ce qui est à l’état potentiel, c’est à  dire ce qui est en attente de d’actualisation, de matérialisation.

Or la sollicitation de gravité, comme toutes les forces physiques (et psychiques), est avant tout un moyen potentiel, une potentialité qui, adaptée aux niveaux de complexité de la matière, permet d’en assurer la cohérence et les dynamiques évolutives,

et si au niveau quantique, elle s’avère extrêmement faible, elle n’en est pas moins l’expression d’un état singulier de l’énergie physique, parmi de multiples autres.

 

Soulignons en outre à propos des comportements au niveau quantique, l’ambigüité fâcheuse propre à toutes les théories qui tentent de les exprimer : les quantités (longueurs, surfaces, volumes, …) sont reconnues comme des "opérateurs géométriques" donnant ainsi des "pouvoirs" à toutes sortes de solutions d’équations mathématiques.

Ceci se traduit au gré de l’imagination des quantistes, ces explorateurs de l’infiniment petit, par des notions sans cesse plus ésotériques et souvent irréalistes : flèche du temps, écume de spin, feuille d’univers, antiparticules, antimatière, antimonde, multivers, …

Gaston Bachelard (1884 – 1962) raillait d’ailleurs cette propension à paramétrer lorsqu’il parlait de : "travailler du paramètre", expression que nous étendons volontiers à d’autres activités : "travailler du concept" pour les philosophes ignorant les causes primordiales et "travailler du discours" pour les politiques, …, avec comme toile de fond le "travail du chapeau" des illuminés.

Demeurons donc réalistes !

 

Intéressons-nous plus particulièrement à la "relation" entre l’énergie et la matière ; celle-ci fut postulée par A. Einstein en 1905, par le biais de la fameuse équation univoque : E = mc², suite à des spéculations mathématiques prenant en compte les travaux de H. A. Lorentz.

Hélas, cette équation qui exclut tout retour de la matière à son état primordial d’énergie, conditionne à tel point les logiques scientifiques actuelles, que les cosmologues ne parlent jamais de la démassification de la matière, toujours satisfaits, semble-t-il, par la théorie du bigbang. 

Mais alors, comment l’univers peut-il être de toute éternité, sans qu’il y ait en permanence recyclage de matières cosmiques ? 

 

Par bonheur nous savons désormais, que le cosmos recèle d’immenses zones où les corps célestes disparaissent à jamais, sans laisser de traces.

Que pouvons-nous raisonnablement dire à propos des ces trous noirs, dénommés ainsi par les astrophysiciens puisque aucun rayonnement ne s’en échappe en raison de l’intensité de leur champ gravitationnel, mais néanmoins attestés par les quantités importantes de rayonnements (rayons X, …) émis par les matières cosmiques portées à des températures extrêmes, avant d’être "englouties" ?

Les scientifiques les caractérisent par un "horizon des événements" qui traduit l’impossibilité de percevoir objectivement, les phénomènes qui s’y déroulent ; à vrai dire, la notion de zone d’influence, permet de mieux exprimer l’importance des masses en cours d’anéantissement.

Il existe ainsi plusieurs "sortes" de trous noirs selon qu’ils font suite à l’effondrement gravitationnel d’une étoile (trou noir stellaire) ou qu’ils évoluent à l’intérieur de galaxies avec des zones d’influences pouvant atteindre plusieurs milliards de systèmes solaires (trous noirs galactiques).
Entre ces deux échelles de grandeur, il est également  logique de penser qu’il existe des trous noirs ayant des zones d’influence intermédiaires, voire, nous pouvons imaginer des trous noirs primordiaux (quantiques) qui peuvent être, en partie, argumentés à l’aide de supputations fondées sur la thermodynamique quantique. 

 

En outre, le fait qu’à l’intérieur des trous noirs, les matières cosmiques perdent leur spécificité (leur identité) et que les évènements quantiques eux-aussi perdent leurs individualités, leurs particularismes au fur et à mesure qu’ils s’"amenuisent", donne à croire au "réalisme" d’un état homogène où l'énergie n’a ni caractères, ni dimensions.

Bien que cet état homogène ne soit pas "accessible", voire exprimable par des spéculations mathématiques et des formulations physicochimiques, nous postulons son existence et considérons qu’il s’agit de la source primordiale des énergies : l’Energie universelle, dont les scientifiques parlent, tout en l’ignorant dans leurs théories !

 

Pour toutes ces raisons, convaincus que l’univers est un incommensurable et éternel ensemble, à jamais inachevé, de créations et de "renouvellements" incessants, nous ré exprimons le postulat d’Einstein, par la formule réversible : E mc² signifiant ainsi que la dynamique universelle présuppose à la fois,

- de permanentes et diverses massifications de l’Energie universelle conduisant aux particules, atomes et molécules,

- et de constantes démassifications de matières cosmiques avec retour à leur état primordial d’Energie universelle.


Ainsi, selon nous, l’univers s’avère entre autres infini et éternel de par l’Energie universelle, c’est à dire de par une Energie physique sans dimension et intemporelle qui, par le biais de mystérieux processus de massification et de démassification, permet les différents états sans cesse renouvelés de la matière.

Dès lors, nous comprenons mieux pourquoi l’univers n’est pas homogène ; néanmoins et il convient de le préciser, ses inhomogénéités ne sont pas les fruits de lois mais des faits corrélatifs de processus comme le sont les fluctuations dans le rayonnement cosmique de fond.

 

Nous voici donc fort éloignés des théories actuelles qui tentent de nous convaincre que la création de l’univers eut lieu il y a quelque 13,7 milliards d’années après un mystérieux Big-bang ; néanmoins, nous admettons volontiers qu’un pan du cosmos commença à se constituer à cette époque suite à un petit bang et à d’extraordinaires nucléosynthèses.

Quant à l’origine primordiale, à la source éternelle des phénomènes, en l’occurrence des multiples bangs, elle demeure absente des cogitations scientifiques, philosophiques, et théologiques ; il est vrai, par des logiques classiques ou strictement scientifiques, on ne peut guère rendre compte d’une source qui jaillirait de nulle part, 

et encore moins, d’une source qui serait d’ordre transcendant !

Précisons également à propos des logiques en général, qu’elles sont les expressions des liens transcendants qui permettent d’assurer la cohérence des concepts, des référentiels, des idées, des théories, …, des représentations du réel qui meublent le domaine de l’abstraction (il s’agit d’une définition originale).


Ajoutons pour l’avoir maintes fois constaté, que le concept : cogito  et ses déclinaisons (par exemple cogitations), "dérangent" énormément l’intelligentsia ne serait-ce que parce que lorsque l’on cogite, lorsque l’on pense une réalité, quelle qu’elle soit, soi-même ou le monde, cette activité d’entendement présuppose évidemment, que l’on soit hors de soi-même et du monde pour en juger, c'est-à-dire que l’on évolue dans un domaine transcendant ; or ce domaine, celui de l’abstraction, n’a jamais été objet de débats sérieux.

A vrai dire, de nos jours la notion de transcendance et ce qu’elle implique, sont quasiment tabou !


Vous l’avez noté, nous employons l’expression : l’on pense une réalité car :

".... il faut éviter l'équivoque du mot pensée, lequel on peut prendre pour la chose qui pense, et aussi pour l'action de cette chose."(cf. Descartes - Méditations métaphysiques, Lettre à M. Clerselier),

un flou sémantique très courant et fort ancien ; Aristote ne voyait-il pas dans la logique "la pensée de la Pensée" ?


Dès lors,

quid de l’opérateur maître du temps et du sens, qui se reconnaît sous le couvert du "on" (je, ego, sujet, esprit) sachant que les origines de l’univers sont paradoxalement  dans et hors du réel ?,  

quid de cet opérateur en charge du monde et des êtres, qui ne peut être qu’unique et omniprésent et qui montre que les événements n'arrivent pas de façon totalement aléatoire (principe anthropique) ?

En effet, comment par exemple, ignorer que notre corps est en permanence reconstruit en respectant des chronologies rigoureuses, par des renouvellements de cellules et d’incessants échanges de particules quantiques cosmiques, vecteurs et mémoires de sens ?

 

*

 

Bref historique.

Rappelons-le, une fois encore, par leurs théories les physiciens tentèrent et tentent encore de comprendre le rôle et l’impact de l’espace et du temps dans les comportements évolutifs du cosmos.

 

Il y eut notamment,

- Alexandre Friedmann avec sa proposition (en 1927) d’univers dynamique à courbure négative et à densité de matière variable dans le temps,

- Georges Lemaître convaincu (en 1927) que l’univers est en expansion constamment accélérée,

- et Edwin Hubble (1929) confortant cette expansion suite à des observations du cosmos.


Puis vint le besoin de rattacher les dynamiques cosmiques et quantiques ; Georges Lemaître (1931) envisagera cette interdépendance de manière originale, arguant d’a priori pour le moins simplistes ; citons :

"Si nous remontons le cours du temps, nous devons trouver toujours moins de quanta, jusqu’à ce que nous trouvions toute l’énergie de l’univers concentrée en un petit nombre, ou même en un seul quantum. Mais, dans les phénomènes atomiques, les notions d’espace et de temps ne sont que des notions statistiques ; elles s’estompent lorsqu’on les applique à des phénomènes qui ne mettent en jeu que quelques quanta … Si cette suggestion est correcte, le début du monde a eu lieu un peu avant celui de l’espace et du temps.".

Simplistes en effet, car lorsque les durées sont reconnues comme des intervalles non spatiaux, ce qu’elles sont, le temps ne peut être considéré comme une notion statistique mais comme une potentialité d’ordre transcendant qui après "actualisation" dans des durées, permet d’intégrer les évolutions dans des chronologies,

une potentialité donc éternelle et hors de l’espace.

 

La voie était alors ouverte pour de nouvelles théorisations à propos de l’origine du monde, en particulier celles qui tentaient et tentent encore de nous faire croire que l’univers est issu d’un Big-bang. 

Que retenir de ces cheminements ?

 

A cours des années 1950, Thomas Gold (US), Hermann Bondi et Fred Hoyle (GB) imaginèrent un univers éternel doté d’un champ de création à énergie négative d’où jaillissent les particules qui participent à l’expansion du cosmos ; sans qu’elle soit clairement exprimée, l’idée de création quantique allait faire école. 

Ainsi, convaincus que tous les éléments chimiques proviennent de domaines stellaires extrêmement chauds, Ralph Alpher et Robert Hermann tentèrent de rendre compte de la formation des noyaux légers (deutérium, hélium et lithium) à partir d’ensembles de particules nucléaires, et s’interrogèrent à propos des éventuels "vestiges" laissés par ces synthèses cosmiques ; leurs calculs les conduisirent alors à envisager l’existence d’un rayonnement fossile à une température d’environ 5 K.

 

A la même époque, durant les années 1960, Robert Dicke et James Peebles suite à des spéculations mathématiques, envisagèrent des univers oscillatoires (expansion- contraction) sans toutefois arguer de démassification des matières cosmiques, comme nous le proposons.

Quant à Arno Penzias et Robert Wilson après avoir construit un radiomètre spécifique, ils détectèrent et mesurèrent (en 1964/1965) un bruit cosmique de fond qui s’avéra être un(le) rayonnement fossile. 

Mais était-il unique ?


Il faudra attendre 1992, pour que John C. Mather et George F. Smoot (Nobel de Physique 2006), montrent à l’aide du satellite Cobe, que ce rayonnement provient de plusieurs directions avec semble-t-il, la même intensité, ce qui incitera la NASA à lancer le 30 juin 2001, la sonde WMAP (Wilkinson Microwave Anisotropy Probe) ; celle-ci au cours des années qui suivirent et jusqu’en 2011, permettra :

- de confirmer les fluctuations du rayonnement cosmique de fond,

- d’attester d’un l'âge de l'univers : 13,75 milliards d'années,

- et de quantifier la composition du cosmos : 4 %  de matière ordinaire, 22 % de matière sombre et de 74 % d'une énigmatique forme d'énergie qui serait responsable de l'accélération de l’expansion.

 

Prenant en compte toutes ces observations et convaincus que la dynamique évolutive de l’univers présuppose, comme nous l’avons argumenté :

-  des massifications d’énergie,

- de l’énergie non massifiée (pure) pour assurer la cohérence des objets cosmiques et les mouvoir,

-  la démassification permanente  de matières,

nous considérons donc l’univers comme ayant toujours connu, tout à la fois, d’incommensurables explosions et des myriades de  domaines extrêmement chauds (milliards de degrés) permettant les nucléosynthèses.

En revanche, nous rejetons, avec assurance,

 - l‘idée selon laquelle toute l’énergie inhérente à l’univers fut concentrée en un seul point et en un "instant" qui aurait précédé l’apparition de l’espace et du temps,

- les théories où des pouvoirs créateurs sont attribués à des opérateurs mathématiques, telle la théorie des cordes, où des ondes sont censées produire des objets quantiques. 

 

Quant à l’énigmatique forme d'énergie mise en évidence par la sonde WMAP, nous admettons volontiers quelle puisse être à l’origine de l’accélération de l’expansion du cosmos, plus exactement, à l’origine de l’accélération de l’expansion de certains pans de l’univers, et c’est notamment pourquoi nous ne parlons pas,

-  d’énergie du vide mais des énergies qui "sont" dans le vide,

-  d’univers primordial mais d’états primordiaux de l’univers, nuances !

 

Mais alors,

pourquoi, de toute éternité, y a-t-il de l’énergie et de la matière, plutôt que rien ?,

pourquoi, relativement, n’y a-t-il qu’une très petite quantité d’Energie universelle qui devient matière ?


*

 

Ce nouvel éclairage ainsi jeté sur la compréhension du cosmos, conduit, évidemment, à reconsidérer la notion d’absolu, et à parler plutôt de sources primordiales des phénomènes, car nous pouvons désormais argumenter le "réalisme" de deux "sources" intemporelles ayant des relations avec le réel, à savoir,

-  la source primordiale, d’ordre physique, attestée par l’Energie universelle,

- et la source primordiale, d’ordre transcendant, dont émerge l’entité créatrice qui, en charge du monde et animant les êtres, se reconnaît en l’homme sous le couvert du je (moi, ego, sujet, esprit).

Confortons ce point de vue révolutionnaire qui concerne la philosophie et la théologie, en analysant succinctement les processus et phénomènes qui caractérisent la matière vivante.  

 

Qu’il y ait mémorisation et transfert de directives à effets biologiques dans la matière animée, nul ne le conteste désormais, encore faut-il savoir ce que ces mémorisations et ces transferts de "sens" présupposent, dès lors que les particules, les atomes et les molécules ne sont pas en contact étroit mais séparés par le vide quantique !

Là aussi les scientifiques (les biologistes) se satisfont de suppositions réductrices et même simplistes, dépendant de situations ; ils imaginent par exemple, des foultitudes de petits opérateurs (pouvoirs), au gré des phénomènes observés, que ce soit les processus nécessaires à l'émergence de la vie, ceux qui permirent et permettent l’évolution des espèces et des individus, sans oublier les processus intéressant la survie (reproduction, métabolisme, homéostasie, … la programmation génétique de la mort : apoptose, …), les processus physicochimiques propres aux gènes, …

 

Parmi ces opérateurs citons le cerveau reconnu maître à penser, les organes du corps (cœur, foie,…), les cellules libérant des messagers qui agissent, les ribosomes qui traduisent en séquences protéiques, …, les gènes homéotiques qui codent des protéines dont le rôle est de contrôler d’autres gènes …

Or il ne peut y avoir de multiples opérateurs au sein d’un être, qui reconnaissent, jugent en prenant en compte des repères de valeur communs à l’ensemble du phénomène de la vie (en particulier les repères temporels), …, qui décident et agissent,

et ce ne sont pas des lois qui ont ce pouvoir !

Un seul opérateur oui, mais que pouvons-nous raisonnablement ajouter qui "conforte" notre compréhension de l’univers, celle d’un monde avec une dualité de pouvoirs : physique et transcendant ?

 

Les incessantes activités inhérentes au domaine de l’abstraction des êtres, quels qu’ils soient, sont sans nul doute, celles qui attestent avec la plus grande certitude, l’implication permanente, dans le monde, d’une entité créatrice d’ordre transcendant, ne serait-ce que parce que c’est dans ce domaine que s’élaborent les directives à effets biophysiques nécessaires à la dynamique évolutive et comportementale des individus.

 

Ainsi, par le biais de telles activités les abeilles peuvent transmettre la "situation" de zones de nourriture à l’aide de danses, les fourmis peuvent faire connaître leurs cheminements par des molécules olfactives, …, les animaux supérieurs peuvent manifester leur attachement par des attitudes, le bébé homme peut signaler sa présence par des cris et des gestes simples, l'enfant peut employer des mots et de petites phrases, l'adolescent, après avoir "digéré" toutes les complexités de sa langue, peut faire des discours, …et le savant peut  imaginer de subtiles théories.

 

De tels faits montrent également que cette entité créatrice (ce pouvoir transcendant) s’exprime différemment en et par chaque être, en particulier par le moyen de langages adaptés aux niveaux de complexité

depuis le langage génétique, cet extraordinaires processus de mémorisation et de transfert du "sens", …, jusqu’aux langages ésotériques des scientifiques du XXI siècle.


L’analyse comparative de ces langages est d’ailleurs riche d’enseignements ; ainsi, le langage génétique nécessite
l’interprétation permanente (la reconnaissance constante), de fréquences et d’amplitudes d’ondes électromagnétiques, vecteurs primordiaux du sens, qui sont inexorablement associées aux constituants de l’ADN,

plus exactement, l’interprétation des interférences de celles-ci,

interférences qui sont fonction de positions spatiales et de nano distances,

à l’instar du langage humain qui nécessite l’interprétation de la position des lettres dans le mot, des mots dans la phrase et des phrases dans le discours

Observons à ce propos que contrairement à ce qui est constamment ressassé, les biologistes n’ont pas décodé le langage génétiques ; ils ne peuvent que spécifier et représenter dans l’espace, les structures moléculaires qui permettent sa mémorisation et sa transmission (en particulier, les structures de l’ADN).


Qu’en est-il dès lors de cette entité qui ne peut s’exprimer qu’en et par le biais de phénomènes et de processus, en particulier biophysiques ?

N’est-ce point une entité créatrice qui, bien que d’ordre transcendant et maître du sens, est cependant non omnipotente ?

Par exemple, ne sommes-nous pas contraints d’œuvrer pour savoir et de chercher pour savoir davantage ?

Nous en sommes convaincus et postulons que ce furent des développements fiables de capacités mémoire résultant de complexifications de molécules carbonées, qui,

conduisant à des accroissements substantiels d'informations et d’organisations de processus dans de la matière inerte spécifique contenant ces molécules et de l’eau,

permirent l'apparition de la vie,

et de ce fait, prônons avec assurance :

Cogito ergo mundus vivit  (je pense donc le monde vit).

Descartes nous comprendra aisément !

 

Ainsi, l’émergence de la vie nécessita à la fois,

- la concomitance de myriades de facteurs et de processus physicochimiques alors que chacun d’entre eux dépendait de situations environnementales changeantes,

- et de multiples facultés d’ordre transcendant (de nature transcendante) permettant l’utilisation permanente du sens.

Ces constats qui montrent à l’évidence, comme nous l’avons précédemment argumenté, qu’il n’y a pas de rupture structurelle et "opérationnelle" entre les matières inerte et vivante, nous conduisent alors à reconnaître le sens comme un moyen primordial de création omniprésent dans l’univers,

et à rejeter l’un des a priori les plus erronés admis par l’immense majorité de l’intelligentsia, selon lequel l’utilisation du sens dans toute l’acception de ce concept, est propre au seul phénomène de la vie. 

 

Faut-il rappeler que des bactéries totalement déshydratées, même après de longs séjours à très basse température, reprennent vie dès qu'elles sont replongées dans leur milieu naturel ?

Déshydratées, elles sont en effet des ensembles inertes de molécules carbonées (de la matière inerte) qui ont néanmoins des possibilités (des potentialités) de développement,

des potentialités que l'eau à l’état liquide et des directives à effets biologiques permettent d'actualiser (de matérialiser).

 

Des expériences récentes, et qui se poursuivent, jettent également un éclairage révolutionnaire sur la dynamique évolutive des mondes du vivant et de l’inerte ; selon des expérience effectuées en 2012 par le professeur Luc Montagnier (Nobel), l’on peut désormais "reconstituer" des éléments de structures biologiques, en l’occurrence des fragments d’ADN, par le biais d’ondes électromagnétiques "extraites" d’autres structures biologiques servant de références, montrant dès lors et en particulier, qu’il y a du "sens" dans la matière inerte, et que des ondes électromagnétiques en sont les vecteurs primordiaux puisque ce sont les seules à pouvoir traverser le vide quantique séparant les particules, atomes et molécules.

 

L’univers et sa dynamique ne sont donc pas les fruits de lois et de principes mais les aboutissements d’impérieuses et incessantes activités de création impliquant des massifications de l’Energie universelle et démassifications des matières cosmiques,

des activités qui comportent entre autres, de permanentes tentatives de complexification de  la matière, notamment de la matière carbonée.

Sachant que le cosmos recèle, pour le moins 10 puissance 23 planètes, il est alors raisonnable de croire que des êtres aussi complexes que l’homme, de toute éternité, ont existé, existent et existeront dans l’univers.

 

Mais alors, pourquoi l’homme ?

N’est-ce point parce que vecteur exceptionnel de sens, du fait de sa complexité et de son enracinement quantique, il participe et est nécessaire à la conduite du monde ?!

Nous le croyons volontiers, d’autant plus que,

- l’homme est incité à rechercher sans cesse plus de connaissances, notamment par le biais de processus psychiques, ce qui génère des créations mentales d’ordre transcendant,

- et qu’il y a de permanents transferts d’informations et de directives entre le niveau d’entendement conscient et les niveaux d’entendement intériorisés, et ce jusqu’au niveau quantique, fondement de l’univers, par le biais d’ondes électromagnétiques vecteurs primordiaux du sens.

 



 

Paul Moyne

http://www.paulmoyne.com

 

 

N B – Les théories correspondantes concernant le "temps", l’"apparition de la vie", le "langage génétique" et la "démassification des matières cosmiques" sont déposées à l’Académie des sciences, à Paris, sous plis cachetés.