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La transformation de la conscience

Serge C.

   Il semble qu'il existe une différence entre la stase de la veille, et la stase du rêve. Le monde de l'état de veille a pour lui une plus grande cohérence que celui du rêve. Je peux à partir de l'état de rêve disqualifier les productions oniriques en me disant qu'elles ne sont que des illusions. Cela signifie que la manifestation du rêve a été engendrée par le mental. Ce qui est stupéfiant c'est qu'alors le mental se montre capable d'animer une histoire et de constituer des personnages de manière tout à fait réaliste. Autrui dans le rêve n'est que ma pensée, c'est une image animée, que j'ai inconsciemment animée, mais de sorte que je me prends au piège de ma propre illusion en croyant dans sa réalité. Ici effectivement, l'autre n'a pas d'existence propre, en lui-même, son irréalité est égale à celle de tous les objets du rêve. L'armoire du rêve est aussi irréelle que la belle amazone. L'ego en rêve est donc à la fois le sujet et l'objet de la représentation. Il ne s'agit que d'images, il n'y a pas de choses qui soient présentes, comme dans la perception, ni bien entendu, de personnes. Mais, attention,  cette irréalité, je ne peux la dénoncer qu'à partir d'un autre état de conscience, l'état de veille.

   Dans l'état de veille, je ne peux pas m'attribuer la Manifestation. Je ne peux pas me poser comme un illusionniste sortant n'importe quoi de son chapeau. Les choses et les personnes qui apparaissent, surgissent de la Manifestation universelle, dans l'espace, le temps et la causalité, cela n'est pas de l'ordre de mes fantasmes personnels, comme dans le rêve. Je ne suis pas créateur, mais je suis intégralement responsable de la manière dont je  pense ce qui vient se manifester au sein de ma vigilance. Autrui existe ici bel et bien d'une manière indépendante de mon petit moi, comme les choses. Cette existence  indépendante surgit non seulement dans ma conscience, mais elle est aussi conscience, conscience qui perce et me transperce dans son individualité même. Le monde des personnes. Le monde spirituel des esprits.

   Ce qui est cependant assez fallacieux, c'est que la dualité paraît si forte, que l'extériorité m'incline à croire qu'il y a une séparation complète entre moi et l'autre. C'est une illusion. Autrui ne fait pas partie de mon imaginaire, mais il n'est pas tout autre, complètement séparé. Autrui est conscience, comme je suis conscience. peut-être la même Conscience sur le fond ! Flamme d'un même feu. La Vie qui frémit, qui souffre, se perd, s'oublie, ou se retrouve en moi est la même Vie qui s'éprouve elle-même, se donne, se perd et se retrouve en lui. Je n'ai pas besoin d'une gymnastique intellectuelle pour supposer qu'il pense comme moi. Je n'ai même pas à me poser la question de savoir s'il pense correctement tel ou tel chose. Il est conscience. Il est conscience d'être. De même que je ne peux douter de ma propre conscience d'être, je ne peux douter de la conscience d'être en lui. Pourquoi donc aller se torturer le mental pour savoir comment l'autre me perçoit dans sa conscience? Pourquoi donc se demander s'il y a une conscience d'être en l'autre? Et, d'abord, qu'est-ce qui nous prouve qu'il n'y a pas une conscience en toutes choses?

Irène B.

   Juste pour revenir à ce que vous avez inscrit précédemment sur les "guides" ou "maîtres" spirituels... d'abord quelle différence faites vous entre ces deux termes?
   Pour ma part, j'aurai tendance à dire qu'un guide est une entité, une personne qui nous montre la voie à suivre, les attitudes. à adopter... et pourtant il faut être vigilant car cela peut correspondre à la vision qu'il a du monde, pas forcément exacte, et il peut en profiter asseoir son pouvoir et ainsi aliéner la liberté de l'autre.
Un maître est différent puisqu'il nous renvoie toujours à nous même et nous fait prendre conscience justement de notre propre conscience. Un maître n'est pas forcément un être humain, cela peut-être un événement, un animal, une plante même qu'on prend la peine d'observer...
   En fait, quand je fais la synthèse des événements qui ont ponctué ma vie, tous m'ont ramené à moi et je crois que j'ai pris enfin "conscience" de ma dimension. En tout cas vos paroles formulées ici dans ce forum m'ont aidé à bien avancer. J'ai cheminé à petits pas et cette année j'ai le sentiment d'avoir fait un pas de géant.
 

Philippe D.

   Conformément à la règle du forum, nous éviterons toute référence, toute autorité. Cette question invite des tonnes de commentaires ésotériques. De quoi polémiquer pendant des pages et perdre son temps. Que disent les mots? "guide" est un terme que l'on rencontre en mécanique, pour désigner une pièce qui coulisse et doit être maintenue suivant un axe dans un assemblage. Le guide empêche que la pièce qui est en mouvement ne sorte de ses gonds, comme dans mon garage où des pièces maintiennent -guident - la porte coulissante afin que l'on puisse fermer correctement. La métaphore est assez parlante : le guide maintient dans une voie à suivre. Cela se justifie dans la mesure où celui qui manifeste le besoin d'être guidé se trouve dans un état de complet égarement et a besoin d'une aide pour se retrouver, se recentrer en quelque sorte, après s'être perdu dans sa propre circonférence. Il y a ici effectivement un péril, car il serait possible de tirer profit de la faiblesse par le pouvoir. Si l'amour n'est pas présent et que seule la volonté prétend guider, alors l'acte de guider, au lieu de donner le conseil ou l'inspiration juste, va tourner à la manipulation.

   "maître" contient une référence d'autorité qui évoque le respect enveloppé de l'admiration. C'est un mot qui renvoie à l'attitude de "élève", comme en maternelle "le maître il a dit que mon dessin, il était très joli" ! Ou comme en peinture, ou on parle du maître et de ses élèves. Cela se dit aussi dans l'autorité du psychanalyste célèbre que l'on écoute presque religieusement dans ses séminaires et ses causeries : le public "boit les paroles du maître". (Je laisse de côté la relation maître/esclave, pour m'en tenir à la relation maître/disciple). Ce qui est important en l'affaire, c'est de voir que le maître est posé par le disciple. Dans la mesure où cette relation est instaurée, il appartient au maître de ramener l'admiration, le respect, l'autorité sur la personne du disciple pour s'en dépouiller et ne laisser en tout et pour tout que l'essence, la maîtrise. La maîtrise veut dire auto-référence dans la discipline qui permet d'être indépendant et en pas s'appuyer sur un autre. Partout où je rencontre la leçon de l'auto-référence, l'éclairage qui brusquement illumine ma compréhension, il y  a la présence subtile du maître en quelque sorte. Vous avez déjà observé des canards? quand on leur jette un bout de pain, ils peuvent se disputer, mais l'instant d'après, ils ont battu des ailes, se sont éloigné et c'est fini. Le canard sait gérer l'émotion. Il l'exprime et ne l'entretient pas, l'émotion le quitte et il est aussitôt aussi lisse et tranquille que l'eau sur laquelle il nage. Le canard est un maître! Il m'enseigne par son exemple, il m'enseigne si je suis capable d'intégrer en moi ce qu'il me montre.

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