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La transformation de la conscience

Johnny  M.

   Pour ce qui est de la remarque de Mr Serge, juste dire, que la discussion énoncée bloque dans la terminologie globalement. Ceci dit, certes qu’un individu peut se prononcer sur l’erreur d’un autre, non pas en tant que juge, mais justement en tant que témoin. L’ego n’est pas uniquement celui qui croit agir, mais aussi qui croit que l’on agit sur lui. Si l’on accepte la conscience en soi, on l’accepte aussi en dehors de ce soi (personnage), et la constatation des propres limitations que nous nous imposons dans la bouche d’autrui. Il ne s’agit pas tellement d’appartenance de la vérité mais du véhicule de son expression.

Serge C.

     Rester bloqué dans la terminologie, voir dans la mésentente un problème de terminologie indique simplement que l'on ne voit pas clairement ce qui est en jeu avec les yeux de l'intelligence. Sinon il n'y aurait pas de problème. One ne peut pas s'entendre sur des mots. On ne peut s'entendre que ce qui est clairement vu.

     Maintenant, pour ce qui est de l'ego qui croit agir et qui croit que l'on agit sur lui, c'est très juste. L'ego n'existe que dans la réaction. Il n'est pas présent dans l'absence de réaction et attention, de réaction émotionnelle. Or cle plus drôle en l'affaire, c'est que c'est bien cela qui semble présent dans vos interventions ! C'est très net dans le passage du mail qui termine par  :

Johnny M.

     Pour ce qui est des remarques de Mr Philippe, et là sans vouloir entrer dans l’offense, je sens que c’est justement la sincérité qui manque ! Ou du moins il y a une mésentente assez forte. Il a été dit que la conscience impersonnelle est la la plus profonde, or, dites-moi, messieurs, mesdames, ici une seule conscience impersonnelle ? ! Je veux dire par là (d’où aussi ma suggestion) que c’est justement ce qui fait défaut ; nous personnaliser, non pas en tant que pur et dur ego, mais en tant que manifestation particulière de cette conscience (impersonnelle). Toute perception vous met dans un « parti pris », or, je ne sens cela s’opposant à la nature, ni même à la conscience, si nous sommes conscient que c’est un statut partiel et provisoire. Ce n’est pas dans son aspect d’usage que l’ego peut nous bloquer, mais dans son aspect définitif. Ici, l’ego est présenté comme l’ennemi, mais, et tout en comprenant le point de vu, je suis en total désaccord. L’ego est un élément de l’existence, il a une fonction, et il la tiendra. Il ne s’agit pas de l’éliminer, mais tout simplement de le dépasser, comme on dépasse le grillage d’un jardin, sans que pour autant le grillage, le jardin, et le nouvel horizon disparaissent. Ce ne sont pas les éléments en eux-mêmes qui nous limitent, mais l’usage que nous en faisons !
 

Philippe D.

   Dans cette formule, nous personnaliser non en tant que pur et du ego ou manifestation de la conscience impersonnelle, il y a une justesse. Ce que je demande, c'est comment vous faites la différence. Il y en a une. La manifestation de l'ego est réactive, la manifestation spontanée de la conscience n'est pas réactive. Il n'a jamais été question ici de l'ego comme ennemi. Ni d'élimination. Si l'ego dépose les armes, l'ego retrouve sa fonction naturelle qui est de servir. Dans le don par exemple, l'ego devient plus transparent, il est traversé et c'est une très bonne manière de le remettre à sa place. Ce n'est pas la perception qui installe un parti-pris, c'est la volonté de croire que telle perception est la seule possible et cela est typique de l'intervention de l'ego. L'usage que "nous" en faisons quand "nous" est en fait "moi". Ce qui n'est pas le vrai "nous" de la communication.

Johnny M.

   Ensuite, « la conscience observatrice » est une bonne image jusqu’à un certain point. Si nous acceptons dans l’absolu une telle image, il en découle que ce qui EST l’est en dehors de ce nous, à l’écart ! Et c’est justement à mon avis, la plus grande prétention de l’ego, la tranquillité basée sur le fait d’une illusoire « immunité divine ». Pour celui qui l’observe, rien ne le touche, l’aspiration sublime de l’humain qui espère que ces souffrances, maladies, incertains, disparaîtront de la sorte. Certes, être témoin implique ne pas retenir, et en cela il y a justesse, mais il implique aussi être extérieur, et en cela il y a erreur.

Philippe D.

   Non. Quand nous parlons de témoin, nous parlons d'un état, pas d'une sorte de position hypocrite de l'ego, qui se planquerait en dehors du monde, qui camperait dans une attitude d'indifférence, ce qui est un personnage, un personnage très "spirituel", mais un personnage quand même. Qui ne vaut pas mieux que le personnage qui se monte le cou, prend parti pour fait et cause, ou contre fait et cause. Bref, qui joue le jeu de la dualité. La conscience témoin advient immédiatement dès que l'intelligence en nous entre en mouvement, dès que nous comprenons. Cela n'enlève pas la souffrance de quoi que ce soit et de qui que ce soit. Cela l'accroît au contraire en révélant une étendue de souffrance insoupçonnée. Et ce n'est pas très agréable de voir la sensibilité se développer ainsi. Mais c'est ainsi. Être conscient, c'est entrer dans une ouverture pathétique. Ce serait bien plus facile de vouloir de continuer à maintenir l'inconscience : il suffit de se fabriquer une bulle intellectuelle (un joli système), une bulle émotionnelle (un amour fou qui exclut tout le reste), une bulle religieuse (ma croyance qui sauve tout), etc.

Johnny M.

   L’état de conscience se manifeste par un vécu simultané du sentiment de première personne et celui de troisième personne, en d’autres termes, l’acteur et l’observateur (public si vous préférés). Mais ce qui est bien plus important, qu’étant liés essentiellement dans et de cette conscience impersonnelle, ce qui reste à manifester, à éveiller, c’est l’unité de l’état personnel de la conscience, donc de ces personnages.

   Autrement dit : l’unité impersonnelle ne devrait nous faire défaut lors d’un échange personnel (pluriculturel, pluriracial, sous tous les âges, sexes, conditions) parce que l’un ne s’oppose pas à l’autre, et s’il en est ainsi, c’est parce que la conscience impersonnelle n’atteint pas tous les horizons de la création, donc, elle est plus une limite qu’un lien.

Philippe D.

   "L'état de conscience" est un concept flou. Cela veut dire quoi? L'attitude naturelle? La conscience habituelle? La vigilance? La conscience présente aussi dans le rêve ? La lucidité?

   Votre expression dans le texte précédent est assez vague et passablement contradictoire. Si la conscience impersonnelle est effectivement un lien essentiel entre les consciences personnelles, si nous sommes dans cette conscience, si nous sommes de cette conscience, vous ne pouvez pas dire en même temps qu'elle est "plus une limite qu'un lien". Ce qui marque une limite, c'est le territoire que vous tracez dedans, le territoire personnel ! C'est comme tracer un trait de craie autour de ses pieds et ne pas en sortir. Quand vous avez accès à une autre culture, vous rencontrez un être humain comme vous. Vous rencontrez l'humain dans l'unité. Vous oubliez votre petite personne et il ne reste que la relation vivante. C'est à partir du dépouillement impersonnel que la relation personnelle devient chaleureuse, intelligente. Autrement dit, ce qui émerge de la conscience témoin, de vibrant, de sens, de sympathie n'a pas grand chose à voir avec la petite personne qui est le produit du moi.

Johnny M.

   Ce que je veux exprimer, c’est qu’ici, derrière ces belles paroles soignées, de ces manières contrôlées, de ce respect présenté, il n’y a presque rien, aucune implication personnelle, juste un ensemble d’avis (malgré la dite conscience impersonnelle) et de concepts mis en évidence selon le supposé vécu de celui/celle qui l’exprime.

   Si ce qui nous lie peut-être universel, ceux qui se lient seront toujours particuliers, alors, de cette particularité terriblement simple et naturelle, on constate l’évident manque. Ce n’est pas une accusation, mais une constatation de ce qui se dégage, pour enfin se demander si c’est cela l’objectif.

Philippe D.

   Il n'y a pas le moindre "avis" dans ce qui a été écrit plus haut. Rien à défendre. Rien à soutenir. Pas la moindre opinion. Juste un travail d'exploration de la conscience placé sous une seule question thématique, la transformation de la conscience. Il vous appartient de savoir si cela vous intéresse ou pas. Les règles sont simples et claires. Nous n'avons pas envie de  faire du forum un lieu de débat sans queue ni tête, où on parlerait de tout et de rien. Il y a des tonnes de forums pour cela. Après tout, si ces règles ne vous conviennent pas, vous êtes tout à fait libre de passer votre chemin ! Nous ne retenons personne. Au contraire. Si vous trouvez ici un éclaircissement susceptible de vous aider, très bien, alors repartez tout de suite. C'est ce que vous avez de mieux à faire.

Johnny M.

   A titre particulier, et par rapport aux « jonglages de rôles », je vous dirait Mr Philippe, que l’on peut se dire qu’être l’unité se situe en dehors de tous (aucune identité), mais aussi à l’intérieur de tous (toutes les identités) ou alors (sûrement le plus juste) les deux en même temps. Dans mon cas ce n’est pas un processus mental, qui me demande un quelconque effort, mais un état naturel d’unité en pratique, certains appellent cela : conscience commune (aussi connu parfois sous le terme de conscience multidimensionnelle).

Philippe D.

   Très bien. La conscience d'unité cependant est assez différente de la "conscience commune", disons seulement que le terme est assez vague en raison d'une association d'idée (voyez ce qu'un journal en dit de la "conscience commune"!) qui incline vers une polarité assez confuse, qui n'est certainement ce que vous avez en tête en parlant de conscience d'unité.
 

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