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La transformation de la conscience

Johnny M.

   Pour ce qui est des questions terminologiques, conceptuelles… J’entends par Conscience ce qui Est, ce qui définit en soi l’essence que nous formons et régit tout les liens. C’est (acrobatiquement dit) le contenant-contenu. La Conscience se manifeste et lors de cette manifestation il naît l’identité ou identités structurées à plusieurs niveaux de priorité, et qui donnent consistance aux limites, c’est alors qui prend place la conscience individuelle ou limitée. Cependant, il n’y a jamais eu de vraie séparation, c’est comme une illusion optique, la conscience particulière nécessite de cette illusion pour rendre raison à son existence d’une manière quasi indépendante, et pouvoir enfin choisir. La conscience interactive est l’éveil de l’existence du lien de réciprocité des consciences particulières, devenant ainsi, la conscience jusque-là particulière, commune. La conscience particulière ne pouvant plus exclusivement s’identifier à elle séparée des autres. C’est la manifestation de l’unité en pratique.

Philippe D.

   Ce que vous dites là, d'où le tirez-vous? S'agit-il d'une compréhension qui a mûri auprès d'en enseignement? Est-ce le résultat d'une expérience personnelle? S'agit-il d'une prise de conscience radicale qui s'est fait jour à un moment? C'est important de le dire. Est-ce fondé sur une pratique? Ou encore, cela fonde-t-il une pratique?

Serge C.

   Oui, je surenchéris tout de suite, vous ne vous rendez pas compte, mais cet échange se situe à un niveau qui n'est pas très facile d'accès pour le néophyte qui oserait s'aventurer sur ce forum !

Johnny M.

   Concernant le relatif et l’absolu, faudrait peut-être introduire d’autres termes : éternel, éphémère. Quand je parle du mensonge du relatif par rapport à l’absolu, je fait référence à la croyance du fait qu’une fois dépassé l’ego (humain) on atteint le sommet. Autrement dit, que l’on passe d’une évidente illusion à une autre cette fois plus subtile. L’absolu représente l’ultime relatif, or, c’est un mirage car l’absolu n’est concevable que par rapport au relatif, si celui-ci cesse d’exister l’autre aussi. Je crois que la formule la plus forte à dire là-dessus, c’est qu’il n’existe pas d’être sans ego, car au-delà de l’ego il n’y a pas d’être, d’identité quelconque volatile, abstraite, lumineuse soit-elle. Ce n’est que dans la réalisation du lien des êtres que s’étend la conscience (manifesté) vers son essence, sa source première. L’ego, que l’on envisage d’un oeil si critique, n’a jamais été un obstacle, juste un passe-temps. Quand à l’image de prendre l’absolu comme ce qui demeure et le relatif comme ce qui change, il faudrait à ce moment là, alors nécessairement les rendre indissociables encore une fois.

Philippe D.

   Quand on regarde l'ego de manière critique, ce n'est pas tant la personne qui est en cause que l'égocentrisme et ses travers. En fait, c'est le sens de l'ego qui fait problème, le sens de l'ego dans sa partialité, dans sa virulence, dans sa tendance à se poser dans l'opposition et à en tirer parti. Mais la question demeure, si on pose la question : qu'est-ce que le moi? Il n'est pas sûr qu'il y ait une réponse "individuelle", il faudrait d'abord le trouver ce fameux "moi" qui cherche à se donner tellement d'importance. Maintenant, si l'ego a fait sa démonstration et qu'il a été vu pour ce qu'il est, juste un passe-temps, alors il ne peut plus subsister tel quel, alors le sens de l'ego disparaît, sans que pour autant le sens de l'identité disparaisse. La Vie se sent toujours elle-même comme Soi, le sentiment de l'identité est immanent à l'Être. Mais cela n'a pas grand chose à voir avec l'ego.

Johnny M.

   Quand à Vacuité, c’est bien une « expérience », voir un état, une ouverture de conscience particulière mais qui contrairement aux communes croyances, n’est pas un état méditatif et paresseux de l’être en manque d’équilibre. Il y a dans ce vécu, ce ressenti un oubli de ce que l’on a connu (d’où cette image de « vidage ») pour un saut à ce que l’on ne peut qu’accompagner.
 

Philippe D.

   Oui. L'image du saut est juste. Saut. Basculement. Mais percevoir la Vacuité de manière radicale, comme une Présence en toute chose, cela ne laisse plus grand chose dans la conscience. Plus personne pour accompagner quoi que ce soi, justement le sentiment que l'immensité se passe d'une "personne" au sens ordinaire. Le paradoxe, c'est qu'il n'y a même pas contradiction avec l'état de conscience habituel, dit "personnel", cela peut-être en même temps, simultanément.

Johnny M.

   Et en dernier…par rapport à l’opposition…Il ne faut pas confondre ne pas s’opposer à ne faire que s’accorder ! Être d’accord ne garantit en aucune manière la non opposition, le plus souvent ce que cela indique c’est la non position. Ne pas s’opposer s’approche bien plus à ne pas vivre les différences comme un fatal obstacle pour notre chemin, ne les identifier comme un ennemi à abattre.

Philippe D.

   Rien à dire, c'est très juste.


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