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La transformation de la conscience


Olivier R

      C'est venu ce matin, une inspiration, suite à la lecture d'un post sur le forum spiritualité de psychologies.com Cela parle de ma façon de concevoir la "bouddhéité", et ça démarre sur la question "Qui suis-je ?." "Qui suis-je ?" : question paradoxe : si j'y réponds, je me détruis.

     Si j'essaye de répondre avec des mots, avec le langage et la structure de la pensée, je me défigure en limitant mon être à une représentation. La représentation est ce par quoi je comprends le monde, et moi même, au sein de la structure de la pensée/langage : le mental. Le mental est un modélisateur : il fabrique des représentations sur lesquelles il peut exercer son pouvoir : la logique. Le mental n'a de pouvoir que sur les représentations qu'il crée et qu'il contient, qu'il possède. La plupart des frustrations nous viennent de l'inadéquation entre nos représentations et la réalité. A la question "qui suis-je ?", je ne peux répondre avec des mots.

    Si je le faisais, je tenterais de faire de moi une représentation pour mon intellect. Le penseur voudrait se posséder lui même comme une représentation de sa pensée : le créateur voudrait se créer, se contenir, se posséder, se lier, s'étouffer lui même. J'aime cette petite phrase : on ne possède que ce qu'on est prêt à abandonner. Si on ne peut se détacher d'une chose, on ne la possède pas, c'est elle qui nous possède. Ainsi la personne qui voudrait être maîtresse d'elle même doit pouvoir abandonner la possession d'elle même. Qui suis je ? Je suis avant tout ce qui ne peut être conçu par la pensée. Si j'appliquais ma pensée à l'élaboration d'une représentation pour répondre à cette question, si j'appliquais mon pouvoir de représentation sur moi même, cela détruirait la personne libre pour l'enfermer dans sa représentation. à mon sens la "vacuité" bouddhiste réside dans le lâcher prise sur la représentation de soi-même. Le fondement de l'être, la réponse à la question "qui suis je ?" ne peut demeurer dans les mots, dans la pensée structurée du langage. Elle s'éprouve, se vit, mais ne peut être représentée. La dimension "spirituelle" de l'identité personnelle réside à mon sens dans la nécessité du "lacher prise" : renoncer au mental pour appréhender sa propre nature.

    J'entrevois la "bouddhéité" comme le vécu de cette liberté essentielle que vivrait (je ne peux, moi, que le mettre au conditionnel) celui qui renonce à se posséder lui même, à se faire représentation de sa pensée/langage.

Serge C.

Fulgurant. Le mental par essence mesure. C'est déjà présent dans l'étymologie du mot. La mesure du mental se développe sous la forme des constructions mentales.
 

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