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La transformation de la conscience

 Jean-Baptiste J.

     Cette question fait partie de celles que tout le monde peut ( enfin je pense... ) se poser de manière spontanée à un moment ou à un autre. Pour ma part et aussi invraisemblable que cela puisse paraître, j'ai commencé à me la poser vers l'âge de 4-5 ans ( en fait , ce n'était pas tellement une question mais plutôt une "sensation" ) et je me souviens encore de cette sorte de " vertige "qui s'emparait de moi à ce moment. Je peux essayer de la résumer en 2 mots : Pourquoi moi ? C'est à dire pourquoi moi conscience ici et maintenant dans ce corps, dans cette identité ( au sens de l'État civil du terme) Quel est cette " intimité personnelle" , ce "sentiment d'identité" que j'éprouve de manière continu comme quand je me réveille qui fais que je reste le même ? Quel serait alors par exemple, l'incidence de l'effacement de ma mémoire du jour au lendemain ? Et donc aussi absurde que cela puisse paraître qu'est ce "qui m' habite" qui fais que je suis moi et pas un autre tel que vous qui lisez mon message.

     PS: C'est bête mais, petit, je me disais toujours que quand je répondrai à cette question, je trouverai une explication à l'univers ( bon peut-être pas formulé ainsi mais en gros c'était ça ...) Merci.

 Philippe D.

     Le sens de l'identité est en toile de fond de toute conscience, mais il ne correspond pas à l'individualité particulière, ni à l'ego. L'enfant a une appréhension profond du sentiment d'identité, car la puissance du sentiment d'identité immanent à toute chose lui est accessible. Ensuite, quand l'intellect s'éveille, nous cherchons à mettre dans ce sentiment un contenu particulier, et l'erreur la plus commune, consiste à confonde l'identité pure avec la continuité de la mémoire. Cette accompagne le transfert de l'identité vers l'ego. L'enfant sent le "je suis", il sent la Vie qui palpite dans son sentiment d'exister.

      Dans les perturbations de la mémoire, c'est le sens de l'ego qui est attaqué et déstabilisé, parce que l'identité avait été transféré sur l'ego, ce qui veut dire forcément sur la mémoire individuelle sur laquelle se fonde le moi pour se donner une consistance. Donc,  c'est très perturbant et cependant, l'amnésique peut toujours sentir la Vie en lui et dans ce sentiment, il y a la chaleur du "je suis", mais cette intimité va au-delà de ma personne, elle n'est pas le "moi".

      Chaque nuit, l'ego se perd, quand la pensée s'en va. Il meurt. Et pourtant, le sentiment de l'identité jamais ne se perd, parce que la coïncidence perpétuelle de la vie en moi elle ne s'interrompt pas. La toile de fond du Soi demeure, même quand l'ego est effacé dans le sommeil profond. C'est de là que vient la richesse, la profondeur du sentiment d'Etre.

 Jean-Baptiste J.

Vous m'éclairez un peu plus mais un point reste pour moi sans "réponses". Je passe peut-être à coté de votre explication à ma question précédente mais pouvez-vous m'en dire plus sur ce ressenti , " ce pourquoi Moi " qui fait que JE puisse Etre présent ici et maintenant, que JE puisse agir, que JE pense de telle façon, que JE connaisse cette période de l'histoire et non une autre comme l'Antiquité ou le Moyen -Age. Cela m'est très difficile à décrire ( le langage a ses limites et ne peut pas tout conceptualiser ) mais je vais essayer tant bien que mal d'employer une image pour vous faire comprendre ce que je ressens parfois ( même souvent en ce moment ). Imaginer un Oeil qui voit (bon c'est logique certes...) puis qui se rend compte qu'IL voit et se demande soudain pourquoi, LUI, voit. Tout est dans ce "LUI".

Philippe D.

Vous avez raison de souligner que nous sommes ici aux limites du langage, car le langage ne peut jamais adéquatement remonter à ce qui le précède et ce à partir de quoi il parvient à s'exercer. Ce que vous sentez intuitivement, c'est que l'âme est un point de vue original sur tout l'univers, que chaque individualité est une fenêtre sur la totalité et en même temps, est le lieu d'une expérience originale dans laquelle l'Etre s'expérimente lui-même dans l'espace, le temps, la causalité: ici et maintenant. Il n'y a pas de pourquoi en fait. C'est un Jeu. Peut être êtes vous en train de vous en rendre compte.

Jean-Baptiste.

Je me permets de revenir une dernière fois vers vous car j'ai encore de la peine à avancer. Il m'arrive parfois très bien de ressentir cet état de pure présence, malheureusement quand cela m'arrive, ça ne dure que quelques instants. En effet, dès que je re-rentre dans le mouvement de la vie quotidienne, cette intimité que je venais d'avoir ne serais-ce que quelques secondes avec moi-même s'évapore. Une rupture s'installe, je me sens alors étranger en moi-même de par l'expérience que j'ai pu faire précédemment. Me vient alors le problème de comment retrouver cette unité de Soi dans l'action , cette " Source " qui guide mes actes. Comment dans ce mouvement, me rappeler qui "JE" suis, ce " JE "sur lequel je puisse me reposer ? Ou retrouver ce JE qui me définit tant, à la fois individualité et qui embrasse la totalité ? Merci.

Philippe D.

Il suffit de prendre note de la perte de conscience elle-même. Chaque fois que vous l'observez, c'est déjà une entrée de la présence. Traquer les absences, c'est illuminer d'éclairs de présence la vie quotidienne. Ne pas juger. Jamais. C'est seulement "prendre note", tiens... je suis tombé sous l'empire des images de la télévision... Observer cette identification le plus souvent possible. Observer tout le temps. C'est en plein milieu de l'agitation quotidienne que l'essentiel se fait. C'est au moment où la tranquillité est là, au milieu de l'agitation extérieure, allant avec ce qui est sans conflit que la présence s'établit. Evitez de voir dans la présence  un état retiré du monde, le fait de méditer dans une pièce au calme, loin du bruit. Cela crée une coupure artificielle, une dualité très conflictuelle. C'est le déchirement entre la tranquillité loin du monde et de plus en plus la promiscuité insupportable du monde. D'où la tentation de la fuite. La présence est là où vous êtes, ici et maintenant. Pas dans un lieu. Elle est indépendante des conditions de vie, car elle est la Vie elle-même.


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