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La transformation de la conscience

Claire P.

     J'ai découvert que c'est l'ego qui pose problèmes et son corollaire le mental avec son flot de pensées, véritable découverte salvatrice mais j'ai investigué plus loin ou plutôt j'ai introspecté et hélas les doutes sont venus, pour cause, une psy m'a rétorqué qu'on ne peut pas arrêter de penser et qu'il faut un ego, un ego équilibré a-t-elle ajouté (?), j'avoue être un peu perdue, cette pure conscience, le témoin de ce qui est, l'arrêter momentané des pensées en ne cessant d'observer toutes choses, cette lucidité sans la vigilance restreinte, seulement le je suis, l'arrêt de ce moi dévastateur et l'enseignement de surcroît d'E. Tolle sur le présent, dire oui au maintenant, ne plus se soucier du passé ou de l'avenir.... Tout ceci me paraissait juste jusqu'à ces interrogations et les restrictions d'une professionnelle.

Philippe D.

    A l'heure actuelle, la plupart des psychologues ne font que chercher à rendre l'ego plus "confortable". Mais existe-t-il un "ego sain" différent d'un "ego dysfonctionnel"? A partir du moment où il y a prédominance de l'ego dans la vie, n'y a-t-il pas automatique dysfonctionnement? C'est accommodement est illusoire, complètement illusoire, mais aller au-delà impliquerait une réforme complète de la psychologie elle-même. Je suis désolé mais la réponse qui vous a été donnée est fausse. Certes, il n'y a rien à "faire" pour que le mental soit silencieux car tout effort contre ne fait que le renforcer, mais l'état dans lequel il est apaisé et tranquille est très réel et quelle libération! La croyance qu'il faut un ego "fort" est une illusion. Bien sûr l'ego s'est construit depuis l'enfance, mais il y a un moment où sa prééminence va cesser. L'ancienne psychologie était incapable de le comprendre, parce qu'elle était centrée sur l'ego! La psychologie nouvelle va au-delà. Vous aviez fait un pas dans une direction juste et compris bien des choses, il est regrettable que vous ayez été ensuite jetée dans le doute. Cela revient au fond à demander: quand on a compris le fonctionnement de l'ego, est-ce que cela ne rend pas complètement obsolète une grande partie des méthodes actuelles de la psychologie? Oui. Mais pas toutes les approches. Voyez par exemple Carl Rogers.

Claire P.

     C'est à mon tour de vous remercier, un mot tout d'abord sur le doute, finalement, je suis allée chercher une objectivation de chaque part pour m'en faire une opinion plus solide et surtout plus libre; si je résume l'ego s'apaise, devient plus tranquille quand nous sommes totalement présent à ce que l'on est, à ce que l'on vit et que ce mental si encombrant se met en sourdine, soit mais en ce qui me concerne j'ai ajouté (modestement) ou j'ai essayé d'expérimenter plus avant ces propos, j'ai en quelque sorte "accusé" de tous les mots (SIC) cet ego qui nous "torture"et j'ai fait en sorte que tous ce qui m'encombrait dans la vie, je parle des pensées délétères ou pas, se soit lui qui les suscitent, je sais c'est facile mais c'était confortable et reposant, qu'en pensez-vous? Oui, effectivement vous avez eu la gentillesse de me répondre, alors j'en profite!

Claire P.

Je viens de relire mon mail et j'écris "...de tous les mots" voulant bien sûr dire "de tous les maux", mais ce lapsus grammatical n'est pas pour me déplaire. Et puisque j'y suis, je me demande si j'ai été bien inventive en disant que je mets tout sur le dos de l'ego parce que c'est lui qui, bien souvent mène le bal, non?

Claire P.

     Oui, je sais, nous sommes tous prévenus, c'est le règlement sur ce forum, de ne pas s'appuyer sur une instance, sur une autorité quelconque, c'est à dire ne pas se référer à des auteurs qui pourraient détenir quelques vérités, susceptibles de nous orienter, histoire de démêler le vrai du faux etc. etc... mais de parler que du vécu, que de son expérience, or, avant de découvrir "cette" transformation de la conscience, cette pure conscience qu'est le soi sans cet encombrant ego et cela a été pour "moi" une découverte énorme voire essentielle, vivifiant, complètement nouveau, je me sentais sereine et libre, j'accédais pour la première fois de ma vie à une conscience sans condamnation, sans jugement, sans représentation... être seulement le témoin de ce qui est, magnifique comme dirait E. Tolle parce qu'avec lui et vos cours de philo, je comprenais entre autre, la présence, j'étais dans le ici et maintenant, c'était tellement plus simple, c'était tellement plus humain, c'était facile, évident; or donc, avant de connaître votre site et c'est ici que je déroge à la règle, je m'abreuvais de lectures autres et notamment celles de Michel Onfray et de son hédonisme triomphant, il me semblait, là aussi, que ses propos détenaient des vérités et qu'ils m'aidaient dans la vie; bien sûr, je ne vais pas vous inonder de sa doctrine épicurienne mais vous citer quelques phrases tirées d'un de ses livres pour avoir la mesure de sa philosophie, quelques phrases sorties de son contexte, soit, mais qui donnent un aperçu de l'état d'esprit de l'écrivain qui préconise avant tout la singularité en acte, (art de soi), vouloir (redevable d'une performance de maîtrise) pérégriner en sa propre compagnie "solipsiste tragique mais libre (sic), sic encore : "volonté de se construire seul, comme devant un miroir, dans le seul projet de faire advenir en soi la belle forme dont on puisse se satisfaire", citant Nietzsche "il n'est projet qu'individualiste", encore Onfray "...

    l'éthique suppose cet art de se peindre et de savoir ses traits, ses formes, son allure". "Appréhender son propre état d'esprit, mesurer ses forces, compter ses ressources, envisager la situation, supposer les réactions, supputer les chances, constater les éventualités.... opérations qui permettront la saisie d'une action dans le meilleur". Et, "produire un geste par lui seul possible", "Moins soucieux du regard et du jugement d'autrui", "tout geste, toute parole, tout signe, toute émanation parcellaire récapitule la totalité de la singularité. La partie trahit le tout. Le moindre frémissement raconte les abîmes à qui sait écouter, entendre et comprendre"."metteur en scène de situations","faire de chaque seconde de l'existence le matériau digne d'attention et de souci","architecture de soi, fabrication de lui-même comme une oeuvre, transfigurer ses attitudes...","chaque moment d'une existence banale se charge d'une densité artistique : cligner de l'oeil, boire un verre d'eau, fermer une porte","vivre devant soi l'image de l'effet produit...

     l'art est mise en scène, sculpture des situations","le langage, les signes, les gestes permettent de dire, et se dire, quelles jouissances on vise pour soi",'"spectacle qu'il donne avec lui-même","n'attendant aucune leçon d'un autre que lui-même, être autonome, être à soi-même sa propre loi","le pacte avec autrui n'est jamais qu'un pacte avec soi-même: il s'agit d'être à la hauteur non pas tant de la promesse qu'on fait à l'autre que celle qu'on se fait à soi-même en prenant l'autre pour occasion, et non pour témoin" et enfin,"il s'agit de préserver son indépendance, de garder farouchement sa liberté". J'arrête !, toutes ces citations en vrac ont elles une corrélation avec la conscience sans objet, la vigilance passive.... ou bien dans ces écrits nous baignons en pleine subjectivité et nous sommes dans l'intentionnalité qui entre parenthèse et à mon avis est inhérente de soi à soi mais bon, ici, si on suit l'auteur (en raccourci) c'est tentant de se forger une belle individualité sans écraser l'autre, ou bien encore ne s'agit pas d'un narcissisme débordant et donc "d'un ego spectacle" pour mieux assujettir l'autre, ou bien encore peut-on faire un patchwork de vos deux philosophies, j'avoue que cela serait commode pour moi, utilisant ce qui m'intéresse dans vos deux approches parce qu'il y a quand même et c'est peut-être là, le seul point de concordance : dans l'attention des faits et gestes que l'on porte à soi-même dans la vie quotidienne. Stop, entretien beaucoup trop long mais pouvez vous me répondre.
Sympathies encore.

Philippe D.

L'intérêt de la mise en garde du forum vise à ne pas entrer dans des discussions déviant vers le commentarisme. Par ailleurs, dans la résonance d'un message quelconque dans la dimension vécue a de l'importance. Ce qui compte, c'est la vérité se découvrant elle-même, la connaissance qui éclaire. Sur le fond, qu'importe la source, la vérité n'a pas d'étiquette. Les références risquent toujours de braquer les uns ou les autres. En gros : Si vous me dites quelque chose de juste, j'approuve, mais si vous ajoutez que vous l'avez lu chez A ou B et que A ou B sont mes têtes de turc, alors je sors mon révolver! C'est le problème avec l'argument d'autorité.

    Revenons au contenu de votre texte. Il y a une différence entre faire de chaque instant un sorte de gadget artistique et sentir, voir, toucher avec une telle sensibilité que tout ce qui se donne devient artistique, sans avoir besoin d'y introduire un "faire". C'est l'émerveillement d'être et son immensité qualitative. Puisque vous voulez des références, dans le premier, il y a le style des surréalistes, il y a aussi le dandysme de Baudelaire. Dans le second, il y a Krishnamurti (La Révolution du Silence) et Eckhart Tolle.

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