Textes philosophiques

Henry David Thoreau    le vote est une sorte de jeu


     "Tout vote est une sorte de jeu, comme le jeu de dames ou le backgammon, teinté d'une légère nuance morale, un jeu entre le juste et l'injuste, comportant des questions morales; et cela s'accompagne naturellement d'un pari. Le caractère des votants, lui, n'est pas en jeu. Je vote peut-être selon mon idée de la justice; mais que celle-ci l'emporte ne me concerne pas dans ma chair. J'accepte de m'en remettre à la majorité. Son obligation, en conséquence, n'excède jamais celle de l'utilité. Même voter pour la justice, ce n'est rien faire pour elle. C'est se contenter d'exprimer un faible désir de la voir prévaloir. Le sage ne laissera pas la justice à la merci du hasard, il ne souhaitera pas la voir l'emporter par le pouvoir de la majorité. Il y a peu de vertu dans l'action de masse des hommes. Quand la majorité finira par voter l'abolition de l'esclavage, ce sera parce qu'elle lui sera indifférente ou parce qu'il en restera peu qui soit aboli par ce vote. Ce seront eux les seuls esclaves. La seule voix qui puisse hâter l'abolition de l'esclavage est celle de l'homme qui engage par là sa propre liberté".

La Désobéissance civile, Mille et une nuit, p. 18-19.

Indications de lecture:

Noter le fait que Thoreau réduit la valeur de la décision de majorité à la seule utilité. Le juste ne s'y réduit pas.


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