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Jac O'Keeffe du personnel à l'impersonnel
L’histoire de « moi - tout tourne autour de moi » peut devenir très
douloureuse. Si vous en êtes au point où vous en avez vraiment assez de
parler de «ma vie, mes croyances, mes opinions, mes possessions, mon
argent, mon style de vie…», alors peut-être que la futilité de ces
histoires sans fin et répétitives commence à apparaître.
Observez et voyez si vous pouvez reconnaître que toutes
ces histoires sur « moi » sont simplement une tentative de défendre qui
vous PENSEZ être. Sans toutes ces histoires auxquelles vous adhérez,
vous pourriez trouver que vous n’êtes pas qui vous pensez être. Le « je
» personnel ne peut jamais être satisfait, car il est fondamentalement
inauthentique. Sa nature est faite de désirs. Il n’y a pas de « je »
personnel qui soit constant et immuable. Il ne connaît pas la
tranquillité et passe du plaisir à la souffrance en réponse directe aux
sens. Le « je » personnel est une idée insatiable qui se protège
constamment et recherche l’acceptation et l’amour.
Ce cycle sans fin est sans résolution. On peut simplement le
reconnaître comme un jeu futile et l’abandonner. Laissez se dissiper
l’histoire de «tout à propos de moi». À cet instant, vous réaliserez
qu’il existe quelque chose qui observe le jeu de celui qui veut que
tout tourne autour de lui. Celui qui voit le «je» personnel affamé n’a
pas besoin que le monde tourne autour de lui. Le «je» impersonnel a la
connaissance que tout ce qui arrive est sans impact direct sur qui vous
êtes. Dit autrement : le «je» impersonnel ne prend pas les choses
personnellement.
Si votre point de référence est passé du « je » personnel au
« je » impersonnel, les réactions émotionnelles se seront grandement
atténuées, la recherche de l’amour et de l’attention sera bien effacée
et le jugement d’autrui largement apaisé. Sans aucun doute, le « je »
impersonnel est un point de référence à partir duquel vous pouvez
fonctionner avec beaucoup moins de souffrance. Une sensation d’être
moins absorbée par le soi se présente également. De plus en plus vous
remarquerez que lorsque le « je » personnel apparaît, un drame
s’ensuit, car le « je » personnel cherche en permanence l’attention.
Nombreux sont ceux qui ont trouvé que le
retrait de l’attention du « je » personnel vers le « je » impersonnel
est une pratique spirituelle utile. Pour certains, le mental est plus
calme et pour tous un contentement intérieur commence à se développer.
Ceci est la conséquence naturelle du retrait de l’attention de qui vous
pensez être.
Mais pourquoi entraîner votre mental à fonctionner du
point de vue de l’impersonnel ? De toute évidence, il existe moins de
souffrance lorsqu’il est compris que les évènements ne tournent pas
autour de vous. Toutefois, il existe une contradiction dans cette
pratique. Il est impossible de s’établir dans la position de
l’impersonnel lorsque la croyance que vous êtes un individu séparé est
encore active. Elle sera ressentie comme un déclencheur interne qui
réactive le « je » personnel. Alors qu’il semble évident de chercher à
éviter la souffrance, donc de déplacer votre perspective vers
l’impersonnel, quelque chose à l’intérieur continue à ne pas être en
paix. Les deux points de vue : personnel et impersonnel ne sont que des
astuces du mental dans sa poursuite à faire de la vie une expérience
moins douloureuse.
Que faire donc ? Ce que vous êtes se trouve avant et
au-delà des jeux du mental. Alors que vous pensez être un individu,
sachez que cette idée de séparation n’est rien de plus qu’une pensée
qui, une fois adoptée, devient une réalité subjective. Ce que vous êtes
ne connaît rien du personnel ou de l’impersonnel, ne connaît rien des
pratiques spirituelles, ni de l’éveil. Vous n’êtes pas qui vous pensez
être et le mental ne peut concevoir ce que vous êtes réellement. Le
mental n’a pas été conçu pour connaître votre identité véritable.
Le mental est une boîte à outils qui permet à la
manifestation d’apparaître comme réelle. Il imagine, croit ou ne croit
pas selon ce qui se passe. Qui vous êtes n’est pas du tout concerné. En
réalité, qui vous êtes n’a pas la capacité d’imaginer quoi que ce soit.
Qui vous êtes ne connaît rien de qui vous pensez être. Les mensonges
offerts par le mental ne sont rien d’autre qu’un écran de fumée, un
mouvement apparent qui a la capacité au sein de lui-même d’aimer ou de
ne pas aimer ce qu’il a créé. Ne vous inquiétez de rien de tout cela,
car rien n’est à changer ou à arranger ici. Toutefois, l’apparence de
la manifestation semblera se poursuivre, car le mental joue un rôle de
contrôle. C’est le mental qui essaye de contrôler le mental, qui essaye
de minimiser la souffrance, et essaye de se détruire lui-même en
imaginant que sans lui il serait plus heureux. Voyez le jeu de la vie
pour ce qu’il est. Ce que vous êtes est au-delà.
Indications de
lecture:
Voir les textes
d'Eckhart Tolle. Publié par
Christine
le
22.12.11.

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