Sagesse des contes

Quatre aveugles et un éléphant


     Quatre aveugles s'assemblèrent un jour pour examiner un éléphant. Le premier toucha la jambe de l'animal et dit : "l'éléphant est comme un pilier". Le second palpa la trompe et dit : "l'éléphant est comme une massue". Le troisième aveugle tâta le ventre et déclara: "L'éléphant est comme une grosse jarre".  Le quatrième enfin, fit bouger l'oreille et l'animal et dit à son tour: "l'éléphant est comme un grand van".

     Puis ils se mirent à se disputer sur ce sujet. Un passant leur demanda la raison de leur querelle; il la lui exposèrent et le prirent comme arbitre. L'homme déclara : "Aucun de vous n'a bien vu l'éléphant. Il n'a pas l'air d'un pilier, mais ses jambes sont des piliers; il n'a pas l'air d'un van, mais ses oreilles y ressemblent. Il n'a pas l'aspect d'une jarre, c'est son ventre qui en est une. il n'est pas une massue, c'est sa trompe qui est semblable à une massue. L'éléphant est une combinaison de tout cela: jambes, oreilles, trompe et ventre".

     L'Enseignement de Ramkrishna p.233.   autre version de ce conte.

      Commentaire :

La querelle a lieu parce que chacun campe sur son point de vue et estime "avoir raison", tandis que les autres "ont tort". Le paradigme raison/tort (leçon sur la polémique) aveugle justement. Remarquez que le passant est dans une position impartiale, en dehors de la discussion et qu'il parle de la complexité du phénomène envisagé. Parce qu'il a le souci de respecter la complexité, il peut rassembler des points de vue en montrant que chacun a une pertinence, mais reste partiel. Pensez aux querelles théologiques et politiques! Accepter la complexité, c'est accepter qu'il puisse y avoir plusieurs point de vue possible.

Denis Restant.


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