Textes philosophiques

Lothar Schäfer    naissance du matérialisme en Occident


           [Les physiciens Grecs] "cherchaient à trouver une sorte de substance primitive, une matière primordiale d’où provient tout le reste. Ce fut la naissance du matérialisme et des concepts d’éléments d'atomes, c’est-à-dire l’idée que toutes les choses sont faites de petites unités de matière. Si l’on prend un objet matériel et qu’on le divise en parties de plus en plus petites, affirmait cet argument, on parvient à un niveau où l’on ne peut plus diviser, aussi tranchante que soit votre lame. C’est le niveau des constituants indivisibles des choses : atomos en grec signifie « indivisible ». Dans un monde constamment changeant et déroutant, les Grecs cherchaient quelque chose de durable et de fiable, et ils pensaient l’avoir trouvé dans la substance, la matière. Si la substance est la source et la base de toute chose, alors est-il étonnant que le mot matière évoque le mot mère ? Cette connotation ne se trouve pas dans ses racines sanskrites mais latines : la matière est materia ; la mère est mater. La matière est la mère de toute chose - quelque chose de sacré - et le matérialisme est sa religion. De façon générale, les mots déclenchent des images internes en vous et influencent ce que vous pensez. Leurs sens cachés ne sont pas accidentels.
     Au VIème siècle av. J.-C., la cité grecque d’Elée, sur la côte italienne, était un centre d’apprentissage important. A cette époque, l'un de ses citoyens, Parménide, avait fondé une école de philosophie dont les enseignements nous influencent encore aujourd’hui. Parménide a ajouté les concepts de temps et d’espace à la matière. Il a affirmé que la substance est éternelle, indestructible et non modifiable, et remplit l'espace. Cela fait d’« être » et de « non-être » la même chose que « plein » et « vide ». Etre signifie remplir l'espace de jaçon solide. Si quelque chose n’emplit pas l’espace, il n’est pas réel.
       Ces idées ont dominé la science pendant des siècles. Dans son livre sur l’optique, Isaac Newton, par exemple, a écrit à propos des particules matérielles que « Dieu au commencement a formé la matière sous forme de particules solides, lourdes, dures, impénétrables et mobiles ». C’est exactement le point de vue des anciens Grecs. Newton tirait fierté du fait que sa science n’avait pas besoin « d’hypothèses » car il s’occupait de faits - mais on ne sait pas très bien comment il connaissait la façon dont Dieu a formé la matière au commencement. Il a même affirmé que les particules solides, dures et impénétrables sont « tellement dures qu’on ne peut les abîmer ou les briser; aucun pouvoir ornaire n'état capable de diviser ce que Dieu lui-même a fait un en première intention".

Le potentiel infini de l'univers quantique, Trédaniel, 2014, p.60-63.

Indications de lecture:

Sur la réfuation de ce point de vue  :  Connaissance de la Totalité. ch.I.

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