Leçon 312.   La grande réinitialisation et la fin du capitalisme       pdf téléchargement     Téléchargement du dossier de la teçon

     Nous avons précédemment observé que la presse mainstream restait curieusement muette sur le projet mondialiste du Great Reset au cœur des travaux du Forum de Davos et dont Schwab est le fondateur. Nous avons vu que l’explication est très simple : cette pseudo-littérature dans le fond comme la forme est complètement soluble dans la doxa. Sur le fond, parce qu’elle brasse les lieux communs qui passent dans les journaux télé, des images du G7, du G20 en passant par l’étalage de gadgets technologiques qu’adore les geeks ; sur la forme, parce qu’il ne s’agit nullement d’une pensée exigeante, mais d’une sorte de plaquette marketing auquel le grand public est familiarisé. Genre « sujet » techno du jour sur les éoliennes à la fin du JT. Le mimétisme sur un fond de doxa est tel que rien ne se distingue vraiment qui peut faire question. Il faut vraiment se dépatouiller pour parvenir à montrer qu’il s’agit d’un vrai sujet et que son investigation ne relève pas du complotisme. (Remarquez que nous sommes présentement à une heure où l’ambiance intellectuelle est tellement pourrie que dès que quelqu’un réfléchit, il est taxé de complotiste !).

La leçon précédente a montré qu’en amont du Great Reset, il y a indiscutablement une idéologie qui est le mondialisme. Il temps de descendre un peu en aval dans le détail du texte de Schwab et Malleret. Le défi est important car cette prose ennuyeuse énumère en vrac tout un tas d’objets sans que l’on voit vraiment les rapport : essor du numérique, l’éloignement croissant des Etats-Unis d’avec la Chine, changement climatique, égalité des sexes (dits « genres ») et aux droits des homosexuels (dits « LGBTQ), robotique, commerce en ligne etc. Si relier les points c’est exactement le travail de l’intelligence (inter-ligare, relier) le catalogue confus est dans son opposé. Nous avons vu qu’il y a des raisons fortes pour que Schwab et Malleret ne soient que des seconds couteaux de la pensée, mais cela ne veut pas dire que leur texte soit insignifiant. En fait, il faut repasser derrière leur copie et faire le travail de réflexion à leur place. Nous en avons posé les bases en explorant le mondialisme. Comme nous allons le voir, il s’avère que le projet du Great Reset représente la fin du capitalisme, en jouant justement sur l’ambiguïté du mot fin : à savoir à la fois une finalité, un but résultant d’une intention et aussi une mort, une dissolution, une implosion. Donc la question est celle-ci : Qu’est-ce que le Great Reset peut nous dire sur le devenir du capitalisme ?   

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A. La projection vers un nouveau capitalisme

Que nous dit le Forum économique mondial (WEF) ? Ceci : « La pandémie a radicalement changé le monde tel que nous le connaissons, et les mesures que nous prenons aujourd’hui, alors que nous travaillons pour nous rétablir, définiront notre génération. C’est pourquoi le Forum économique mondial appelle à une nouvelle forme de capitalisme, qui donne la priorité aux personnes et à la planète, alors que nous nous rassemblons pour reconstruire le monde après le COVID-19 ». La Directrice du Fonds Monétaire International Kristalina Georgieva, a suivi Schwab, évoquant cette grande réinitialisation dans une de ses conférences, intitulée sobrement « The Great Reset ». Notons l’habileté rhétorique, le côté sécurisant pour la confiance qui suit la « nouvelle forme de capitalisme » dans la « priorité aux personnes » et « à la planète » et surtout cette idée « nous nous rassemblons ». Mais restons sur nos gardes ce projet économique dont l’apparence est toujours consensuelle, est-il réellement soucieux des personnes ? De la planète ? Et qui se rassemble en vérité si ce n’est quelques milliardaires et leurs sous-fifres pour décider pour nous ? L’oligarchie planétaire. Personne (à part l’élite) n’appelle à une grande réinitialisation, mais tous tant que nous sommes, (sauf l’élite) désirons affirmer notre souveraineté et notre liberté. Or la Grande Réinitialisation n’est rien ne moins qu’une prise de pouvoir mondiale, dans laquelle nous devrons nous conformer à un grand nombre de nouvelles règles.

     schwab1) Comme nous l’avons vu, le projet n’arrive pas comme un cheveu sur la soupe et certainement pas depuis la survenue d’un virus qui, soi-disant, le rendrait « nécessaire », il s’agit d’un projet de longue date que l’on accroche à la pandémie par des biais logiques fallacieux. Schwab et Malleret par exemple introduisent l’idée de la disparition de la monnaie fiduciaire autorisée par cette idée… qu’un billet papier « peut être porteur du virus » ! Retenons cette manière d’argumenter. Dans le Great Reset, le premier niveau d’information est adressé à la doxa, mais il y a d’autres niveaux de lecture qui ont trait aux projets mondialistes. Les journalistes mainstream sont bloqués au premier niveau. Ils ne remontent pas depuis l’information vers des intentions et des formulations antérieures. Christine Lagarde avait pourtant annoncé le lancement d’une enquête d’opinion concernant l’émission d’un euro numérique qui serait géré par une blockchain*. « Nous venons de lancer une consultation publique afin que les consommateurs et les Européens puissent réellement   exprimer leur préférence, et nous dire s’ils seraient heureux d’utiliser un euro numérique de la même manière qu’ils utilisent une pièce en euros ou un billet en euros, sachant que c’est la monnaie de la banque centrale qui est disponible et sur laquelle ils peuvent compter ». En fait, la décision était déjà entérinée, il ne s’agissait de rendre la transition vers l’usage d’un euro numérique acceptable, ou mieux désirable. À charge ensuite pour les médias mainstream de fabriquer le consentement des populations en vue de la mise en œuvre d’une monnaie  numérique (CDBC) qui marginaliserait de plus en plus la monnaie fiduciaire, c’est-à-dire la monnaie matérielle sous la forme que l’humanité utilise depuis des siècles. Sous le prétexte technique habituel de la commodité, (c’est bien pratique !), mais aussi de la « sécurité » des transactions (plus de piratage des cartes de crédit), contre le blanchiment d’argent et le travail au noir, le citoyen renoncera à détenir de l’argent sur son compte. Cela fait longtemps qu’il n’est qu’une inscription numérique, mais elle reste cependant transférable d’un établissement à un autre. Dans le projet du Great Reset, le citoyen n’aura plus la possibilité de convertir ses avoirs en cash en retirant des billets dans des distributeurs (qui se font de plus en plus rares) ; c’est la banque centrale par l’intermédiaire du blockchain qui pilotera le flux de l’argent. Il suffira à la banque centrale d’appuyer sur la touche « Enter » pour créer de l’argent à volonté ou d’appuyer sur « Suppr. » pour figer les comptes, bloquer tous les virements et toutes sortes d’opérations financières imaginables. Mais pourquoi un tel projet ? Le monde de la finance est terrorisé par l’imminence d’un effondrement complet ...




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[1] Cf. Philosophie de l’Économie, ch. VIII.

 

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