Leçon 309.   La fraude et la preuve       pdf téléchargement     Téléchargement du dossier de la teçon

     Chacun peut aisément distinguer le mensonge de l’erreur : tandis que l’erreur est commise sans intention réelle dans le manque de données suffisante, le manque de clarté, par inattention ou simple maladresse ; le mensonge lui présuppose une réelle intention de tromper. Soit que l’on dissimule une information importante ou que l’on induise délibérément l’esprit de celui à qui l’on s’adresse dans le faux, l’inexistant ou l’illusoire, il y a en amont une connaissance de la vérité avec laquelle on fait... quelques petits arrangements.

Conformément à cette distinction, dans le domaine scientifique, nous ne pouvons pas mettre sur le même plan l’erreur et la fraude. Une erreur peut être due à un protocole mal exécuté, des mesures mal faites, un défaut dans la comptabilisation des données, une méthodologie générale insuffisante etc. et pourtant, le chercheur peut être dans ses résultats tout à fait de bonne foi. N’empêche que, dans ce cas, au nom de la déontologie, la sanction arrive, car il est supposé formé à la rigueur scientifique, si bien que l’on peut lui imputer une faute professionnelle. Mais le cas est tout différent quand un scientifique, dissimule sciemment des données vont à l’encontre de sa démonstration, ou pire, fabrique de fausses preuves qui vont dans la direction qu’il souhaite dès le départ, le but étant d’induire dans l’esprit de son lecteur une représentation faussée, une représentation qui ne se fonde sur rien de réel mais constitue en réalité un montage illusoire. On est alors en présence d’une fraude manifeste et celui qui en est l’auteur sait pertinemment que son étude ne reflète pas la vérité, mais il veut convaincre à tout prix, c’est-à-dire surtout vaincre une hypothèse différente et imposer la sienne.

La récente affaire du Lancet gate nous en livre tous les ingrédients : Une étude bidonnée soigneusement arrangée pour décrédibiliser un médicament et favoriser le choix d’un autre concurrent. Tout le monde comprend pourquoi quand on sait les intérêts financiers énormes qui sont en jeu. On assite alors à une subversion remarquable : au lieu de parvenir à la vérité après une long cheminement d’enquêtes sérieuses, la vérité est déterminée dès le début, la manigance de la preuve consistant à bricoler la démonstration de telle sorte qu’elle aboutisse à une conclusion, bien sûr conforme à des intérêts qui doivent donc être dissimulés le plus possible. Cette subversion est très choquante et elle suscite aussitôt un doute : les scientifiques sont-ils des tricheurs ?  L’existence de la fraude remet-elle en question la possibilité de la preuve dans les sciences ?

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     © Philosophie et spiritualité, 2020, Serge Carfantan,
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