Leçon 93.    La démonstration      

    « Tenez, asseyez-vous, je vais vous faire une démonstration !». Et le vendeur de mettre du beurre dans la poêle pour faire cuire une crêpe, afin de bien démontrer que la poêle ne colle jamais ! De la même manière, vous pouvez assister à une démonstration d’un nouveau logiciel, d’une crème à épiler, d’un ouvre-boîte révolutionnaire, d’une nouvelle berline, d’un scaphandre, ou je ne sais quoi d’autre. Le public qui assiste à la « démonstration » attend d’être convaincu. Il l’est quand on lui démontre tout l’intérêt de l’usage de l’objet technique. Qu’on lui montre que l’échelle révolutionnaire A peut se transformer en escabeau, ou en tréteaux pour faire des travaux de peinture. Cet objet cumule en lui trois concepts en un seul et permet d’éviter d’acheter trois outils différents. Le public qui comprend le sens de la démonstration s’exclame : « Comme c’est ingénieux ! Comme c’est pratique ! Je vais en acheter une et en profiter pour repeindre le plafond de la cuisine » ! Si la démonstration en question aboutit, elle se conclut par l’acte de consommation qui lui correspond. Je fais un chèque pour commander l’objet que j’ai vu au télé-achat !

    Mais peut-on vraiment parler de démonstration en pareil cas ? Il s’agit pour le vendeur de montrer, plus que de démontrer. Et encore, montrer s’entend ici dans un sens qui relève surtout du faire-voir et du faire-valoir. La soi-disant démonstration commerciale, c’est avant tout une exhibition pour vanter les mérites d’un produit. Elle ne se déploie pas dans le champ de la connaissance, elle n’est pas gratuite ni esthétique. Ce n’est sûrement pas comme une exposition de peinture. Elle répond à une intention. Celle de la persuasion commerciale qui consiste à faire plier de manière subtile l’assentiment d’autrui, afin qu’il obéisse à une suggestion implicite : acheter, consommer. La démonstration commerciale est une mise en scène qui se sert de tous les atouts de la rhétorique. Or, dans une véritable démonstration, ce qui est en jeu, c’est d’abord la logique et non la rhétorique. Est-ce à dire qu’il faille confiner la démonstration dans une sphère à part ? Dans la sphère des mathématiques ? Ne sommes-nous pas, en tant qu’intellect, toujours placés sur le plan de la logique, et donc sensibles à la démonstration ? Faut-il faire une opposition entre l’usage courant du mot démonstration et son usage rigoureux dans les sciences ? Qu’est-ce qu’une démonstration ?

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A. Thèse, théorie et démonstration

    On montre la valeur d’une thèse en développant, dans un raisonnement bien construit, les arguments qui en donnent la justification rationnelle, c'est-à-dire les raisons qui la supportent. Une thèse n’est pas comme une idée claire et distincte, qui s’imposerait dans son évidence, de manière intuitive ; une thèse nécessite une argumentation. Une thèse a besoin de montrer quelle est sa pertinence et cela n’est possible que dans une démarche discursive. L’argumentation suppose toujours un raisonnement, une exposition logique. La thèse de Darwin selon laquelle l’évolution des espèces repose sur un processus de sélection naturelle du plus apte n’a rien d’évident. Au contraire, au titre d’une explication du phénomène vivant, elle ne constitue jamais qu’une hypothèse parmi d’autres et qui reste discutable. Il faut que Darwin déploie tout le dispositif argumentatif de L’origine des espèces pour parvenir à en montrer la valeur. Cela implique que soient explicités les principes adoptés par Darwin et que soit apportée une accumulation d’observations ...

    1) Dans les sciences, à partir du moment où une thèse reçoit une mise en forme rationnelle cohérente dans des principes, des hypothèses, des lois, elle est considérée comme une théorie. On dit la théorie de la gravitation de Newton, la théorie de l’évolution de Darwin. On dit la théorie de l’inconscient de Freud, la théorie de la synchronicité de C. G. Jung, la théorie de Gaia de James Lovelock. On dit selon les thèses de  Newton, de Darwin, de Freud, de Lovelock etc. on peut expliquer ce phénomène en disant que... La thèse tend à montrer la pertinence d’une explication plausible d’un phénomène, d'un fait. Dans le contexte qui est le nôtre, l’usage du terme « théorie » est devenue spécifique au domaine de l’approche objective de la connaissance. (texte) Il est devenu habituel de se servir du seul mot « thèse » dans un sens plus large, pour désigner l’élaboration analytique conduite dans un système philosophique. On dit « les thèses de Marx concernant l’aliénation du travail », « les thèses de Spinoza sur la nature du désir », « les thèses de Bergson concernant la nature du temps » etc. On peut se demander si la différence entre l’emploi du mot « théorie » dans le contexte des sciences et de celui de « thèse » en philosophie renvoie à une séparation réelle. Théorie vient du grec théoria, qui implique vue de l’esprit. Il y a dans toute philosophie une théoria.

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se situe entre ce qui est argumenté et ce qui ne l’est pas, entre ce qui n’a pas de justification et ce qui en reçoit. On peut marquer une différence entre une simple opinion et une thèse. Une thèse est argumentée, une thèse n’existe pas sans un corps de propositions qui permettent de la justifier, tandis qu’une opinion, on l’a, sans trop savoir pourquoi. C’est du genre « moi je pense que » ! Et si on demande pourquoi ? Ce « moi » ne sait plus trop quoi répondre. Dans l’opinion, nous n’avons pas de justification sérieuse, notre savoir est surtout de l’ordre du ouï-dire et pas de l’ordre d’une justification rationnelle précise, ou d’une perception de la vérité que nous pourrions expliciter dans un discours convaincant. Dans le processus des constructions de l’intellect, il n’y a pas à distinguer en quoi que ce soit une argumentation « scientifique » et une argumentation « philosophique ». Elles se rangent dans le même genre, celui d’un essai de construction intellectuelle rigoureuse, s’opposant à l’opinion en général. Il n’y aurait aucun sens à vouloir les distinguer, car ce genre de fragmentation serait purement illusoire. Il y a l’argumentation rationnelle et un point c’est tout.

    Mais alors quelle est donc la différence entre une argumentation et une démonstration ? Selon le Dictionnaire Lalande, « une démonstration est une déduction destinée à prouver la vérité de sa conclusion en s’appuyant sur des prémisses reconnues ou admises comme vraies ». (texte) La démonstration a deux points d’appui fondamentaux : celui de la logique et celui de la consistance du système dans lequel elle se déroule. A l’intérieur du système de la géométrie d’Euclide, on peut démontrer que la somme des trois angles d’un triangle forment 180°, équivalent à deux droits. On dresse pour cela des parallèles aux côtés du triangle, on examine l

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    Dans la pratique, une démonstration prend dès lors souvent la forme d’un calcul, le calcul étant justement l’application d’une règle opératoire à l’intérieur d’un système. Pour ces différentes raisons, il est d’usage de rattacher l’usage rigoureux de la démonstration à la logique et aux mathématiques, tandis que l’on replacera l’argumentation dans l’ordre concret des faits, dans l’ordre de la vérité matérielle, les mathématiques demeurant sur le plan des idéalités, dans le champ de la vérité formelle. Parce que dans la démonstration la puissance de la logique se trouve libérée de toute entrave, de toute référence avec la nécessité de consulter des faits pour savoir si ce que l’on dit est vrai, la démonstration emporte avec elle une force que n’a jamais l’argumentation. La démonstration fournit des preuves contraignantes, l’argumentation, elle, ne fait que préciser les raisons en faveur ou contre une thèse déterminée. Dans la démonstration, l’esprit est obligé de plier, de s’incliner et il ne peut pas se dégager. Fondamentalement, nous ne pouvons pas nous dérober devant les conséquences de nos propres principes, parce qu’elles vont avec. Ce qui est agaçant, car cela vaut pour tous les principes, des axiomes mathématiques, aux principes de la logique, jusqu’aux principes des systèmes les plus dogmatiques… y compris ceux des sceptiques ! La vertu de la démonstration, telle que la déploie un professeur de mathématique en cours, c’est d’habituer l’élève à une rigueur qui l’oblige à suivre le fil de la logique, de ne plus procéder par association d’idées. La démonstration est un modèle d’objectivité (texte). La vertu de la démonstration est d’obliger l’esprit à s’émanciper de toute opinion ou vue trop subjective, au sens le plus vague du terme. La contrainte logique de la démonstration nous oblige à abandonner nos opinions personnelles, nos vues fantaisistes, pour nous soumettre à un système et à sa la logique. La démonstration est une école de formation intellectuelle en ce sens. Elle nous apprend l’impartialité. Elle nous oblige à reconnaître la vérité comme ce qui est indépendant de nos opinions personnelles, comme ce qui est valide pour tout esprit rationnel. Mais attention, cela doit s’entendre dans un sens qui n’est pas intuitif, (R) car tout processus de démonstration est discursif, (R) c’est-à-dire repose sur le raisonnement. La démonstration nous demande de nous situer d’emblée sur le terrain d’un auditoire universel, celui de la communauté des esprits capables de reconnaître la validité d’un savoir objectif. En pratique, cette communauté est celle du consensus des savants.

    Le programme de l’approche objective de la connaissance de la science moderne a été d’emblée défini par le modèle de la démonstration mathématique. Le génie de Descartes et de Galilée est d’avoir mis en place une méthode dans laquelle l’univers est considéré comme un livre écrit en langage mathématique. C’est un programme très ambitieux, qui a conduit a des résultats immenses, mais qui sur le fond soulève une difficulté : est-il possible de soumettre la réalité dans son ensemble à un système unique  et à l’arraisonnement de notre logique?

    La science moderne, avec Galilée (texte) et Descartes a effectivement cru qu’il serait possible de confondre la description du réel en langage mathématique avec le réel lui-même.  Le mode d’exposition de la démonstration mathématique est devenu le paradigme d’une science achevée, si bien que l’on tentera de l’étendre à toutes les sciences. Descartes le montre très clairement dans le Discours de la méthode.

    Le contenu des quatre règles du Discours de la Méthode est immédiatement familier à un mathématicien. La première règle pose le principe de l’évidence dans la recherche de la vérité. Je ne dois me fier à l’égard des idées qu’à celles qui s’imposent à moi avec clarté et distinction. Ici, Descartes ne pense pas à l’évidence intuitive du je suis, ce qu’il a en vue, ce sont les natures simples des mathématiques, le nombre, le point, la ligne, comme concepts. Descartes admet que les objets mathématiques sont des idées claires et distinctes et qu’à ce titre, ils comportent une évidence. Dans la seconde règle, se rencontre le principe de la division d’un problème en parties. La troisième règle pose le principe de l’ordre des raisons qui commande de regarder tous les objets de la pensée comme reliés par une trame logique. La quatrième règle pose le principe du dénombrement pour éviter toute omission.

    Le paragraphe qui suit l’énoncé de ces quatre règles montre à quel point la démonstration devrait, dans le programme de la science moderne, se décalquer sur toutes les formes de savoir humain. « Ces longues chaînes de raisons, toutes simples et faciles, dont les géomètres ont coutume de se servir, pour parvenir à leurs plus difficiles démonstrations, m’avaient donné occasion de m’imaginer que toutes les choses, qui peuvent tomber sous la connaissance des hommes, s’entre-suivent en même façon ». Les deux seules conditions pour que l’approche objective de la connaissance soit étendue à la totalité du savoir, sont: ....   système du savoir et la science est un savoir en forme de système dont le modèle vient des mathématiques.   

   Dans l’idéal en effet, il serait souhaitable que l’esprit ne considère comme rationnelles que les démonstrations ayant recours à des idées claires et distinctes, aussi claires et distinctes que les notions mathématiques. (texte) La science devrait se constituer comme un système formel dans de longues chaînes de raisons semblables à celles dont les géomètres font usage dans leurs démonstrations. Le fil directeur de Descartes, c’est que la Nature est écrite en langage mathématique. Dans le droit sillage de Descartes, Spinoza dans l’Ethique fera une exposition géométrique de son système qui force encore l’admiration. Dans le même ordre, les célèbres Principia de Newton, isolés du reste de son œuvre, resteront pendant longtemps un modèle de rigueur et un modèle en tant que dérivé directement du modèle de la démonstration mathématique. C'est l'alliance entre le langage mathématique et le paradigme mécaniste qui permet le développement de la science moderne.

B. Démonstration et argumentation

    Cependant, à y regarder de plus près, dans le Discours de la méthode Descartes a clairement conscience que si, dans la théorie, nous ne devrions ne nous fier qu’à la force de la démonstration et à l’évidence, dans la pratique, nous devons souvent nous contenter du probable, accepter l’incertain et tout de même raisonner. Le modèle de la mathesis universalis est très limité. C’est ce qui explique le ton, très différent des règles de la méthode, des maximes de la morale dite provisoire de Descartes. Dans le domaine de l’action, nous ne pouvons différer indéfiniment et nous ne pouvons exiger des évidences avant de décider. L’action juste exige le plus souvent une réponse rapide. S’il fallait se décider après démonstration des raisons d’agir, nous resterions cloués sur place la plupart du temps. Quand il y a un choix à opérer, il faut bien qu’il y ait délibération et délibération dans un ordre de pensée qui n’est pas évident et se situe dans l’opinion. Comme le voyageur perdu dans la forêt, autant ne pas tourner en rond et prendre une opinion droite, sensée à titre de guide. Ainsi, « lorsqu’il n’est pas en notre pouvoir de discerner les plus vraies opinions, nous devons suivre les plus probables ». Si la morale se passe de démonstration, il en est aussi de ce qui relève de la politique, des jugements du droit ou même de la religion. Il faut laisser une place à un ordre de discours qui relève plus d’une raison pratique que théorique. Or il y a un mode de raisonnement qui relève du domaine de la probabilité plus que de la certitude assurée, c’est celui de l’argumentation. Dans le champ de ce qui est seulement probable et incertain, nous ne pouvons que laborieusement construire, avec l’aide d’autrui, un accord des esprits avec le patient travail de l’argumentation.

    L’argumentation n’est pas moins rationnelle que la démonstration. Elle a sa place dans le champ de l’incertitude où se déploie la subjectivité. Dans la complexité concrète du réel, l’incertitude est grande, un système n’est pas de mise et il y a place pour des points de vue différents. Disons que l’argumentation a sa place là où intervient une délibération, quand rien ne s’impose avec nécessité et évidence. En effet, nous devons garder à l’esprit deux extrêmes : a) on ne délibère pas là où une solution est nécessaire, où une réponse immédiate à la situation d’expérience doit être donnée ; b) et l’on n’argumente pas contre l’évidence. C’est entre les deux que se situe le champ de ce qui peut faire l’objet d’argumentation.

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 dans tel domaine, réunis en congrès, qu’une assemblée de citoyens, telle que l’Assemblée Nationale ou le Sénat, un jury d’Assise qui écoute la plaidoirie d’un avocat, ou même une foule réunie sur une place publique. A la différence, une démonstration est couchée sur du papier et elle reste abstraite. Une argumentation est debout dans la rencontre de personnes concrètes, sensées, capables de discuter avec intelligence et sérieux. Le seul souci de la démonstration, c’est celui de sa rigueur, par contre, l’argumentation est bien plus complexe, elle doit prendre en compte la nature même de son auditoire. Toute argumentation s’organise autour d’un auditoire et nous met soit en situation de dialogue (auditoire réduit à une personne), ou en situation de communication (auditoire étendu à plusieurs personnes). Et nous mettons bien les points sur les i de dialogue et de communication, car il peut y avoir toutes sortes de dérapages possibles. (texte) Parce que, dans toute communication, s’effectue une rencontre des esprits, une argumentation, en tant qu’elle vise un auditoire universel, fait d’abord appel à la raison de chacun. Si, dans l’idéal, l’auditoire est qualifié d’auditoire universel, c’est aussi parce qu’aucun homme compétent et raisonnable ne peut en être écarté. Il est sous-entendu que toute homme est capable de se prononcer, que l’argumentation est susceptible d’emporter la conviction, sans qu’elle relève pour autant d’une évidence théorique, ni d’une manipulation. Si c’est ma raison qui reconnaît, qui admet une argumentation, je ne suis pas nécessairement en présence d’une certitude qui évacue tous les doutes, mais je ne suis pas pour autant manipulé, car c’est mon intelligence qui se prononce. Et le résultat, c’est tout de même de parvenir à constituer un accord à portée générale. Ce que vise l’argumentation, ce n’est pas exactement l’évidence, mais surtout l’adhésion. En effet, selon Perelman, « le domaine de l’argumentation est celui du vraisemblable, du plausible, du probable, dans la mesure ou ce dernier échappe aux certitudes du calcul ».

   Le malheur, c’est que la nature humaine est ainsi faite, que les motivations égocentriques détournent très souvent l’argumentation de la recherche d’une adhésion vers une pure et simple persuasion. S’il ne s’agit de ne regarder dans l’exercice du discours que son efficacité pragmatique, alors il ne s’agit plus de partager des convictions, de convaincre un auditoire universel, mais de le ramener à ses vues de gré ou de force. Quand la motivation d’une volonté de puissance est présente, tous les moyens de la rhétorique sont mis au service d’une seule fin qui est une fin de manipulation. Ce n’est plus le partage d’une découverte, le partage de la vérité et la discussion en commun, c’est de la propagande. En l’absence d’intention égocentrique, partager ses convictions, ce n’est pas imposer, c’est seulement proposer. Cela laisse libre l’auditeur. Or dans le glissement de l’argumentation vers les techniques de persuasion, un déplacement d’accent s’effectue, car l’orateur persuasif aura souci de s’adresser non pas à l’intelligence de ceux qui l’écoute, mais aux intérêts partiels, aux émotions vives, aux désirs, aux passions. Bref, à ce que l’on nomme le pathos, ce que nous appelons l’émotionnel. Regardons de près la soi-disant « argumentation » commerciale. Celle que nous discutions au début. Elle est tellement enfoncée dans le jeu de la persuasion qu’elle a besoin de se donner un masque de respectabilité. Cela fait très sérieux « on va vous faire une démonstration », cela donne l’apparence de l’objectivité. Mais la question revient toujours : quelles sont les motivations ? Si la motivation, c’est coûte que coûte, vous fourguer une nouvelle machine à laver, un nouveau contrat d’assurance, un prêt immobilier, un plan d’épargne en action, un canapé lit convertible, etc. Il s’agit de vendre et d’utiliser toutes les ressources du discours pour faire plier l’assentiment. Si le but, c’est de ramener les électeurs dans son camp, de ramener les ouailles au sein de l’Eglise, il y a fort à parier que toute le dispositif argumentatif est une machine de guerre ouvrière de la persuasion. Et nous sommes en bon droit de nous demande alors ce que cache l’argument !

Il est donc important de distinguer un usage correct de l’argumentation de sa déviation dans le sens de la persuasion et de marquer du même coup ce qui les distingue de la démonstration. En résumé :  (à compléter) Exercice 22c.

 

Démonstration

Argumentation

Persuasion

Formelle

 

Manipulation et influence

Vérité objective

 

Vérité subordonnée à l’efficacité pratique

 

 

Publicité, propagande, séduction, prosélytisme

Auditoire universel

 

 

 

Visée d’un auditoire universel

 

 

 

Unité d’un but à réaliser

Certitude rationnelle

 

Croyance psychologique

Liée à la relation de principe à conséquences

Liée à la relation des raisons entre elles permettant de produire un accord raisonnable

 

    Si l’argumentation soulève autant de difficultés, c’est que nous n’avons pas une conscience claire de la pensée, et des inte

 

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     © Philosophie et spiritualité, 2003, Serge Carfantan.
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