Leçon 50.    Le pouvoir et les pouvoirs      

    Le pouvoir politique, ou pouvoir souverain, s’exerce par l’entremise d’un homme ou d’une assemblée d’hommes. Nous admettons communément que sa mission est d’assurer la cohésion sociale, le développement et la prospérité de  l’État. Cela n’est possible que sous la condition que son autorité soit établie et maintenue. Si l’État n’avait pas d’autorité reconnue, il n’aurait pas de pouvoir et ne pourrait pas assurer sa mission, il ne pourrait pas s’élever au-dessus des autres formes de pouvoir. Il n’existerait pas.

    Si tout pouvoir politique suppose une autorité, il n’est pas évident par contre de déterminer ce qui peut en garantir l’autorité et donc par là fonder le pouvoir politique lui-même. Nous voyons qu’un état comporte toujours beaucoup de rivalités. Et qui dit rivalité, dit conflit à résoudre devant une instance supérieure. Le pouvoir n’est-il pas là pour résoudre les conflits ? N’existe-il pas de part sa seule capacité à exercer une contrainte ? Notre première ligne d’analyse partira donc de la considération de fait du pouvoir dans son exercice.

    A quoi tient donc le pouvoir ? A une transmission de l’autorité? A des raisons psychologiques ? A sa force de domination vis-à-vis des autres formes de pouvoir? En définitive, faut-il parler du pouvoir ou bien des pouvoirs ?

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A. Les facteurs de légitimation du pouvoir politique

    Le pouvoir est un terme qui a un sens qui excède la politique. Il désigne une capacité qui est en puissance (R) et peut passer en acte. L’eau a le pouvoir de se transformer en glace sous l’action du refroidissement en dessous de 0°. Un regard langoureux a le pouvoir  de faire naître le désir, on parle de pouvoirs pour désigner les prodiges des yogis des Himalaya, comme pour tout ce qui relève de la magie etc. Le pouvoir politique a une place particulièrement importante, parce qu’il est un symbole de puissance en ce monde, - la puissance temporelle - parce qu’il est celui qui est le plus convoité, celui dans lequel les hommes peuvent exprimer une volonté de puissance - celle de dominer d'autres hommes -, et un désir de reconnaissance - celui de l’égomaniaque et du tyran. (texte)

    Le pouvoir politique se forme historiquement à travers un processus par lequel il se dote d’une autorité devant le peuple vis-à-vis duquel il s'exerce. Cependant, suivant la caution d’autorité qu’il reçoit, il prend une signification différente. En d’autres termes, il faut comprendre comment le pouvoir se légitime. On peut, avec Max Weber, dans Le Savant et le politique, distinguer historiquement (texte) trois facteurs de légitimation du pouvoir :

    1) La tradition était autrefois, et reste encore dans certains pays, la garantie suffisante de l’autorité du pouvoir. ... Ce n’est pas tant une question de personne, qu'une sanctification du pouvoir qui vient de l’inertie propre aux us et coutumes. C’est la coutume qui veut que le chef transmette le pouvoir à son fils. C'est la coutume qui veut que le dauphin soit roi, parce que cela s’est toujours fait ainsi. C'est la coutume qui dit qu'il est juste qu'il en soit ainsi. Un peuple qui a un grand respect des traditions ne modifie pas le pouvoir de la coutume, il le perpétue. La force des habitudes fait passer pour une loi ce qui a toujours été pratiqué jusque là. Le pouvoir traditionnel est issu des coutumes. C’est ainsi que l’on on sacre l’enfant roi, par simple filiation, sans autre légitimation du pouvoir que l’autorité de l’éternel hier, de l’ancienneté de la coutume et des traditions. La tradition a son autorité propre, elle est une référence dans la mémoire des hommes, car elle transporte des valeurs dignes d’être respectées. La tradition donne au temps une continuité. Le passage du temps instaure la pérennité les usages et leur donne une validité immémoriale. (texte)

    ... la religion, loin de s’opposer à cette conservation de l’hier, vient ajouter son poids d’autorité à la tradition. Elle donne au pouvoir une valeur sacrée : elle enseigne que tout pouvoir vient de Dieu et non des hommes. Attenter à la tradition, c'est attenter à un ordre sacré, attenter à la personne du souverain est un  blasphème. Le souverain traditionnel concentre sur sa personne le pouvoir politique auréolé du prestige du culte. Aux yeux des individus en société, il est beaucoup plus qu’un homme. Il incarne un pouvoir divin et c’est cette aura de pouvoir sacré qui le rend respectable. Et non pas la seule contrainte qu'il exerce. Le rapport du sujet au souverain est teinté d’une crainte superstitieuse, mais aussi d'un respect du sacré. On attribue au souverain des « pouvoirs » magiques, comme on les attribue aux prophètes religieux. La religion rassure les peuples, elle conforte les hiérarchies établies, elle le fait si bien qu'elle tend à faire de l’ordre établi un ordre sacré, qui ne saurait être changé sous peine de profanation. Comme dans les sociétés traditionnelles, la distinction entre le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel (texte) n’est pas faite, le souverain cumule en lui-même les deux pouvoirs. Il est regardé comme un chef et le représentant de Dieu sur terre. La tradition est le facteur social de légitimation du pouvoir. Notons que la tradition n’implique pas en fait tel ou tel régime en particulier, mais avant tout la confiance et l’attachement d’un peuple à un système traditionnel. A notre époque, en occident, cette forme de pouvoir ne semble plus au premier plan, comme c’est le cas dans d’autres continents. Il n’en reste pas moins que la puissance de la tradition est considérable. Elle est tout à la fois la préservation d'un passé et une continuité au sein du changement, tout en ayant aussi le caractère de maintenir un carcan rigide qui fait perdurer des pratiques parfois moralement discutables. ... des révolutions.

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charismatique vient de la reconnaissance, par la conscience collective d’un peuple, du charisme d’un homme politique, et fait accepter l’idée que la volonté personnelle d'un homme peut s’identifier avec la volonté de l’État, comme s’il incarnait l’esprit de la nation. Dans l’esprit du peuple le pouvoir d'un homme devient légitime quand il devient, à la suite d’une révolution, celui d'un "sauveur",  d'un "chef", d'un "guide suprême" d'un conductor, d'un führer, d'un grand leader etc. Le peuple voit en lui un personnage qui a une vocation, celle de prendre en main les rênes du pouvoir pour le conduire vers un avenir meilleur. Le leader charismatique est appelé à jouer un rôle sur la scène de l’Histoire. A travers lui le peuple sent comme un appel de son destin. Si le pouvoir acquiert alors une légitimité, ce n’est plus en fonction de la coutume, ou du fonctionnement normal des institutions, mais pour des raisons psychologiques, parce qu’il est perçu comme ...

    Il est indéniable que cette forme de pouvoir a toujours existé. Il y a eu à toutes les époques des chefs charismatiques. César, Pompée, Lénine et Staline, Mussolini et Hitler, Churchill, Mao Tse Toug, Che Guevara, Fidel Castro, ou encore De Gaule ou François Mitterrand ont en commun un charisme indéniable. Nous pourrions suivre Hannah Arendt qui veut montrer que dans un système totalitaire, le charisme joue moins de rôle que l'emprise policière. Cependant, on ne voit pas comment un homme politique pourrait s’imposer, sans une certaine force de personnalité. Et le mot charisme dit avant tout cela. C’est aussi un fait que bien souvent l’électeur vote davantage pour un homme que pour des idées ! Si le charisme est le facteur psychologique important de légitimation du pouvoir, il reste cependant à discuter dans quelle mesure ce genre de fondement peut se suffire à lui-même. S'il est indéniable que beaucoup d’électeurs votent plus pour une personne que pour ses idées, cela n’a pourtant rien de rationnel. Cela ne pourrait l'être que si le charisme était celui d'un sage. Dans la pratique, le charisme est irrationnel. Un pouvoir excessivement personnalisé peut-être abusif, justement parce qu'il est personnalisé alors qu'en réalité, il ne fait que réaliser en lui ...

    ---------------3) Le pouvoir légal repose sur une légitimation du pouvoir qui résulte de l’autorité des lois. C'est le seul facteur de légitimation qui puisse être admis de manière rationnelle. Le pouvoir, au sens moderne de nos démocraties, est réglé par un fonctionnement reconnu, qu’assure le jeu des institutions. C’est le seul qui corresponde à l’État démocratique dans ses idéaux, dans la mesure où le citoyen peut rationnellement admettre un pouvoir qu’il a lui-même délégué. Le citoyen se soumet rationnellement à des lois qu’il estime valides pour tous. La légalité repose sur des règles établies de telle manière qu’il est possible d’en rendre raison. Elle suppose implicitement un contrat social que chacun est à même de reconnaître. Une coutume ne se justifie pas, elle ne fait que se répéter ; le charisme en impose, mais il n’a pour lui que sa puissance qui est aussi contrainte, tandis que la loi se discute et se vote. Elle ne contraint pas le citoyen, elle l’oblige, ce qui est très différent. Dans la mesure où l’État se doit de neutraliser la violence, il ne peut le faire en toute rationalité qu’en lui opposant l’autorité des lois. Si l’État exerce une violence, il la justifie aussi par le respect du droit. Le citoyen peut reconnaître l’autorité de la loi et par suite, l’usage de la force au nom du droit. Max Weber admet ainsi que l'État dispose ...

    Le pouvoir politique qui fonde l’État moderne est un pouvoir de droit, sa légitimation vient du consentement collectif dans des lois admises. Cela implique que celui qui exerce le pouvoir de droit n’en n’est pas propriétaire mais seulement dépositaire. J.J. Rousseau dit que le politique est un ministre du peuple. Cette distinction ne peut pas être marquée dans la légitimation de la coutume et du charisme, où, à l’inverse, le souverain est justement senti comme propriétaire du pouvoir. Aussi, en vertu du fondement légal du pouvoir, le souverain n’a pas la liberté d’en user selon son bon plaisir.

    L’existence du pouvoir traditionnel et du charisme nous montre au moins que l’on aurait tort de se faire une idée trop rationnelle du pouvoir. Le pouvoir politique n’est pas une puissance dont les ressorts sont entièrement rationnels, pas plus que le pouvoir économique. La légalité est de toute manière formelle par principe et cette forme recouvre une réalité qui est l’état de la conscience collective d’un peuple.

    Tout ce que l’on peut dire, c’est que l’exercice du pouvoir dans nos démocraties est suspendu à des institutions indépendantes de la volonté, des passions et à des intérêts propres de ceux qui gouvernent. Dans l'idéal, il faut donc poser que le pouvoir politique est en fait l'expression de la volonté générale d'un peuple. Mais un fois admis ce point, il faut encore comprendre l’interaction entre pouvoir politique et pouvoirs sociaux.

B. Le citoyen et les affrontements de pouvoirs

    La question du pouvoir est complexe, si on a égard à ce que représentent les fluctuations et les tensions de la conscience collective au sein de l’État. Il y a en fait autant de pouvoirs que de groupes de pression dans l’État. Les églises, les syndicats, les partis politiques, les corporations de métiers, les groupes industriels, la presse, les sociétés sportives même, etc. sont des pouvoirs. Tous les lobbies qui interviennent sur la scène politique et font pression sur l’Assemblée sont des pouvoirs. En fait, toute organisation, qu'elle qu'elle soit, instaure un pouvoir. (texte)

    ... ne se ramène donc pas, comme on le croit à tort, à imposer sa volonté à une unité homogène qui serait « le peuple ». Il ne suffit pas de dire que le gouvernement exerce le pouvoir sur le peuple ou au nom du peuple, ce qui est une vue très abstraite. L’exercice concret du pouvoir consiste bien plutôt dans une volonté de concilier des forces hétérogènes dans l’État. L’État est traversé de tendances, de pressions multiples qu’il s’agit d’orienter de telle manière que leur résultante aille dans une direction qui soit progressive pour le bien de tous. On ne peut pas regarder le pouvoir de la même façon quand on est dans l’opposition et quand on est aux affaires ! La bonne volonté du politique se heurte à des pressions multiples et contradictoires. Il faut faire une distinction entre la volonté morale, qui considère tout ce que le politique devrait être capable de réaliser, sans tenir compte du réel, et la volonté politique, qui se voit en butte à des forces sociales considérables, qu’elle doit savoir gérer. Aussi l’exercice du pouvoir oscille-t-il entre deux extrêmes :  l’autoritarisme qui impose de force une volonté politique et le consensus mou qui finit par abandonner toute volonté politique, tout courage de réformer, pour le souci d’équilibrer des intérêts.

    ---------------De cette situation nous avons l’image dans la société américaine dans le politiquement correct. Il faut éviter de déplaire à la presse, aux financiers, aux minorités noires, hispaniques, asiatiques, à l’électorat juif, aux courants intégristes chrétiens, éviter de heurter les homosexuels etc.  Il faut ménager les groupes de pression, d’où la neutralisation du discours du politique et une langue de bois consensuelle. C’est la même situation dans tous les pays du monde, dans la mesure où le corps politique n'a pas d'unité réelle, où il est divisé en groupes d’intérêts dont on cherche, à travers des compromis, à rallier la bonne volonté.

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revendications personnelles se trouvent agrandies et il exige alors une reconnaissance de ses droits. La lutte des intérêts privés est une guerre sans fin qui mine de l'intérieur tout État. Il y a là un fait social du pouvoir qui prend dans la démocratie un relief encore plus grand, que dans tout autre régime politique, dans la mesure où la démocratie favorise l'expression des opinions. La démocratie tend en effet à évaluer l’importance d’un point de vue en l’objectivant dans le nombre des suffrages en sa faveur, dans la mesure où il compte pour lui un nombre important d’individus. C'est une caractéristique normale de la postmodernité. L’appartenance à un groupe social se traduit par des pressions morales, des obligations sociales pour les membres ...

    Concrètement, lors d’une élection comment votons nous le plus souvent ? Par identification ! A votera comme B, C, D, pour X parce qu’ils se reconnaissent l’expression de leurs intérêts particuliers dans les revendications affirmées par X. A, B, C, votent pour X parce qu’il est le porte parole de leurs intérêts. On a vu dans des élections des candidats qui se présentent comme candidats des paysans, des travailleurs, de l’aristocratie, du patronat, des chasseurs etc. Comme si l’exercice du pouvoir politique consistait à soutenir l’intérêt privé. Le jeu de la démocratie favorise l’association pour la représentation, car elle est pratiquement indispensable pour l’efficacité de l’action. Rester isolé dans notre monde, c’est être condamné socialement . Il n’est possible de se faire entendre dans les médias que lorsque l’on représente une association - même si elle ne compte que deux membres ! Mais toute collusion d’intérêts constitue en même temps un pouvoir qui tend à s’affirmer d’abord pour lui-même et contre l...

    D’où viennent les conflits sociaux que l’État doit arbitrer ? Des luttes entre les pouvoirs au niveau social. Les revendications des routiers s’opposent aux intérêts de leurs patrons. Les aiguilleurs du ciel partent en guerre contre les décisions de leur direction. On bloque les routes, on casse des machines, on immobilise des aéroports au nom du droit de faire valoir ses intérêts contre des intérêts opposés. A l’intérieur d’un groupe social, l’homme se sent exister plus fortement, car il y trouve une forme d’identification. Il peut se définir comme agriculteur, routier, fonctionnaire, infirmier etc. Il semble aussi plus facile de constituer des groupes de pression contre quelque chose (l’horaire d’été, la peine de mort, l’immigration, l’insécurité, etc.) que pour quelque chose (la paix, la liberté etc.). La dualité nous/eux, nos intérêts/leurs intérêts, mobilise davantage que l’intérêt de tous, puisqu’un ennemi est tout désigné. La dualité rend possible les luttes sociales.

    Cette situation engendre aussi, du point de vue individuel, des déchirements moraux. Comment nous situer en tant que citoyen ? Le citoyen est sommé de se situer au milieu des luttes de pouvoir. L’accomplissement des devoirs envers un groupe de pression est souvent incompatible avec les devoirs envers un autre groupe de pression, et accepter la valeur de l’intérêt général n’est pas toujours facile. Les devoirs sociaux peuvent s’opposer au devoir du citoyen. En tant qu’agriculteur, je peux m’insurger contre des directives européennes, mais en tant que membre du parti au gouvernement, je ne peux pas voter contre et si je m’abstiens, je ne fais pas mon devoir de citoyen. La condition de l’individu en société est celle du conflit, du tiraillement entre des intérêts différents : conflit entre des instances opposées ou concurrentes. Il faut donc que nous prenions une conscience aiguë de notre responsabilité en tant que citoyen par-delà les luttes de pouvoir et cela ne saurait...

    Si l’État est à ce point un lieu d’opposition larvée des pouvoirs, il y a donc nécessité d’en régler l’affrontement, sous peine de le voir éclater, sous peine de décomposition interne. Cela veut dire établir une hiérarchie, délimiter strictement leurs compétences, arbitrer des différents et tenter surtout de ne jamais perdre de vue ce qui relève de la volonté générale. Derrière les pouvoirs règne une violence sourde.

    La solution que la philosophie politique exprime devant un tel état de fait, c’est qu’il faut un pouvoir supérieur à tous les pouvoirs sociaux, et telle est bien la justification du pouvoir politique. En raison du caractère conflictuel de l'état social, si la politique a un sens, ce doit être au minimum de pouvoir arbitrer les conflits et de faire régner l’ordre, au mieux, de conduire un État vers une plus grande prospérité, tout en assurant à chacun la jouissance de sa liberté.

C. La force du pouvoir et la raison d’État

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Vos commentaires

Questions:

1. D’où vient le fait que dans une culture traditionnelle le sorcier puisse être plus respecté encore que le chef ?  

2. Quelles relations historiques unissent religion et pouvoir politique ?

3. Vaut-il mieux distinguer entre société traditionnelle et moderne, ou bien société tribale et démocratie?

4. Devoirs sociaux et devoirs du citoyen peuvent-ils être conciliés?

5. Peut-on dire que les classes sociales ne se manifestent que parce qu’il existe une entité nommée État ?

6. Comment faire en sorte qu’il n’y ait pas de dérive machiavélique du pouvoir?

7.  A quoi tient la séduction qu’exerce le pouvoir politique?

 

    © Philosophie et spiritualité, 2002, Serge Carfantan.
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